La dialyse est le principal traitement de l’insuffisance rénale et a des impacts importants sur la vie de tous les jours. Retrouvez nos conseils pour améliorer votre qualité de vie.
La dialyse, un traitement essentiel en cas d’insuffisance rénale
Lorsque les reins ne remplissent plus correctement leurs fonctions, on parle d’insuffisance rénale chronique. Cette maladie silencieuse évolue progressivement, parfois pendant des années, avant d'être diagnostiquée.
En France, environ 1,6 million de personnes seraient concernées par l'insuffisance rénale chronique à des stades variables. Lorsque la maladie atteint son stade terminal (la destruction quasi complète de la fonction rénale), un traitement de substitution devient indispensable.
La dialyse est le traitement le plus fréquent dans ce cas de figure. Elle prend le relais du ou des reins défaillants en filtrant le sang de l'organisme pour éliminer les déchets et l'excès d'eau que les reins ne peuvent plus traiter seuls. Il existe deux formes principales de dialyse :
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L'hémodialyse : la filtration du sang via un circuit extracorporel, réalisée en centre spécialisé ou à domicile, généralement 3 fois par semaine pendant 3 à 5 heures.
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La dialyse péritonéale : la filtration du sang à travers la membrane abdominale, réalisée à domicile.
Fin 2022, le registre REIN supervisé l’Agence de la biomédecine et la Société francophone de néphrologie, dialyse et transplantation, recensait environ 51 700 patients dialysés sur un total de 93 084 patients traités pour insuffisance rénale en France.
La mise en place de la dialyse est décidée par le néphrologue avec votre accord, lorsque le débit de filtration glomérulaire (DFG) est inférieur à 10 à 15 ml/min, signe d'une perte de fonction rénale avancée.
Insuffisance rénale : comment améliorer son quotidien quand on est sous dialyse ?
La dialyse est contraignante à intégrer dans son quotidien, tant sur le plan physique, psychologique que social. Heureusement, vous pouvez limiter les complications et préserver votre qualité de vie en changeant quelques habitudes.
#1 Adaptez le volume de vos boissons
Sous dialyse, les reins ne peuvent plus éliminer correctement l'eau consommée. Entre deux séances, les liquides s'accumulent dans l'organisme, ce qui peut provoquer des œdèmes, une hypertension artérielle et dans les cas les plus sévères, une surcharge cardiaque risquant d’entraîner une insuffisance cardiaque. C'est pourquoi les apports en liquides doivent être limités.
Cela concerne tout ce qui est liquide : eau, bouillons, soupes, thé, café, jus de fruits, laitages liquides, glaces ou sorbets. Le volume autorisé est propre à chaque patient et doit être calculé par votre néphrologue, en tenant compte de votre éventuelle diurèse résiduelle (quantité d’urine que vos reins sont encore capables de produire). Il est important de ne pas dépasser la quantité recommandée et d'apprendre à répartir vos prises de boisson tout au long de la journée pour éviter les pics de soif.
#2 Limitez votre consommation de sel
Le sel favorise la rétention d'eau et aggrave l'hypertension artérielle, deux complications déjà favorisées par l’insuffisance rénale. Réduire votre consommation de sel est donc l'une des mesures les plus efficaces pour limiter la sensation de soif, réduire la prise de poids due à la dialyse et protéger votre cœur.
Évitez les aliments naturellement salés : charcuteries, fromages affinés, plats industriels, conserves, chips, bouillons en cubes, sauces déjà prêtes et pain en grande quantité. Pour ne pas renoncer au plaisir de la table, plusieurs alternatives permettent de relever les plats sans sel :
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Les herbes aromatiques fraîches : basilic, ciboulette, persil, estragon ;
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Les épices : curcuma, paprika, cumin ;
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Les agrumes : jus de citron, zestes d'orange ;
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Ou encore l'ail et l'oignon qui apportent du goût sans sodium.
N’hésitez pas à vous faire accompagner par un diététicien dans ce rééquilibrage alimentaire.
#3 Adoptez une alimentation riche en protéines
La dialyse entraîne une perte significative de protéines lors de chaque séance. Ces pertes, associées à une inflammation chronique fréquente avec ce traitement, exposent les patients dialysés à la dénutrition et à la fonte musculaire. Maintenir des apports suffisants en protéines est donc essentiel pour préserver votre masse musculaire, votre immunité et votre énergie.
Quelques aliments à privilégier :
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Viandes : poulet, dinde, bœuf, veau ;
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Poissons : saumon, cabillaud, thon ;
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Œufs ;
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Et selon vos goûts et tolérance, certains produits laitiers.
Les besoins en protéines sont plus élevés qu'avant la dialyse : votre néphrologue ou votre diététicien(ne) vous indiquera les quantités adaptées à votre situation.
#4 Attention à votre consommation de potassium et de phosphore
Deux minéraux doivent être particulièrement surveillés lorsqu’on est sous dialyse : le potassium et le phosphore.
Le potassium est normalement éliminé par les reins, mais en cas d'insuffisance rénale, il s'accumule dans le sang. On parle alors d'hyperkaliémie. Celle-ci peut provoquer des troubles du rythme cardiaque graves, voire un arrêt cardiaque. Plusieurs aliments riches en potassium sont donc à limiter : fruits secs, bananes, avocats, pommes de terre, légumineuses et chocolat. Astuce : le trempage et la cuisson dans un grand volume d'eau permettent de réduire la teneur en potassium des légumes et des pommes de terre.
Quant au phosphore, il s'accumule également dans le sang lorsque les reins ne fonctionnent plus. Un taux trop élevé fragilise les os, calcifie les vaisseaux sanguins et augmente le risque cardiovasculaire. Les aliments les plus riches en phosphore sont les produits laitiers en grande quantité, les abats, les sodas (notamment les colas qui contiennent des phosphates), les aliments ultra-transformés et certains fromages. Des médicaments appelés chélateurs du phosphore sont souvent prescrits pour limiter son absorption intestinale. Veillez bien à les prendre au moment des repas.
#5 Reposez-vous un maximum
La fatigue est l'un des symptômes les plus fréquents et les plus invalidants sous dialyse. Elle résulte de plusieurs mécanismes accumulés :
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L'anémie, liée à une production insuffisante d'érythropoïétine par les reins.
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La durée et l'intensité des séances de dialyse elles-mêmes.
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Les perturbations du sommeil, fréquentes chez les patients dialysés.
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Dans certains cas, les déplacements liés au centre de dialyse.
Il est donc normal de ressentir de la fatigue durant les jours de dialyse et les suivants. Accordez-vous des temps de repos sans culpabilité, notamment après les séances : le sommeil doit être une priorité. Si vous souffrez de crampes, de courbatures ou de douleurs musculaires (fréquentes en dialyse, notamment en fin de séance), des massages doux réalisés par un(e) kinésithérapeute peuvent vous soulager. Parlez-en à votre médecin qui peut vous orienter vers des solutions adaptées à votre état de santé.
#6 Un suivi psychologique en cas de besoin
Vivre sous dialyse, c'est faire face à un bouleversement de son quotidien : la contrainte des séances, la dépendance à une machine, les restrictions alimentaires, la fatigue chronique, les doutes sur l'avenir... C’est normal et légitime que cela génère de l'anxiété, de la tristesse, parfois un sentiment d'isolement ou encore de perte d'identité.
Un accompagnement psychologique est parfois nécessaire. La plupart des centres de dialyse disposent d’ailleurs d'une ou un psychologue clinicien intégré à l'équipe de soins : n'hésitez pas à demander un rendez-vous. Votre médecin peut également vous orienter vers un professionnel de la santé mentale. Les associations de patients comme France Rein proposent également des espaces d'échange et de soutien entre personnes au vécu similaire, autant d’appuis précieux pour rompre l'isolement et partager votre vécu avec des personnes qui comprennent ce que vous traversez.
Sources & références :
- https://www.inserm.fr/dossier/insuffisance-renale/
- https://www.francerein.org/wp-content/uploads/2024/01/guide-pratique-des-personnes-dialysees-france-rein.pdf
- https://www.agence-biomedecine.fr/fr/observatoire-de-la-maladie-renale-chronique/le-rapport-annuel-rein-2023
- https://www.francerein.org/actualites/les-chiffres-cles-de-la-maladie-renale/