La coqueluche est une infection respiratoire bactérienne très contagieuse et qui peut avoir des conséquences graves chez les plus fragiles. Notre dossier.
Qu'est-ce que la coqueluche ?
La coqueluche est une infection respiratoire aiguë causée par une bactérie : Bordetella pertussis. Cette dernière envahit les voies respiratoires (nez, gorge, trachée, bronches) et y produit des toxines qui irritent et enflamment les muqueuses. L'infection provoque des quintes de toux caractéristiques, violentes et épuisantes qui peuvent durer plusieurs semaines, voire plusieurs mois.
Contrairement à ce que l'on pourrait penser, la coqueluche n'est pas une maladie du passé. Bien qu'elle ait considérablement reculé grâce à la vaccination généralisée dans les années 1960, elle reste présente partout dans le monde et augmente régulièrement par périodes, y compris dans les pays développés.
Une maladie qui touche tous les âges
La coqueluche est réputée pour toucher majoritairement les jeunes enfants et pourtant… Contrairement à d'autres maladies infantiles comme la rougeole ou la varicelle, l'immunité acquise après une infection ou une vaccination de la coqueluche n'est pas définitive. Elle diminue progressivement avec le temps, en général après 5 à 10 ans.
C’est pour cette raison que les adolescents et les adultes peuvent eux aussi contracter la coqueluche, même s'ils ont été vaccinés dans l'enfance ou s'ils ont déjà subi la maladie. Chez l'adulte, la coqueluche se manifeste le plus souvent de façon modérée, avec une toux prolongée mais sans les quintes spectaculaires typiques. Cela rend le diagnostic plus difficile et favorise la transmission de la bactérie à l'entourage, notamment aux nourrissons.
Les jeunes enfants, en particulier les bébés âgés de moins de 6 mois, sont les plus vulnérables face à la coqueluche. À cet âge, la vaccination ne les protège pas encore correctement et leur système respiratoire immature rend l'infection dangereuse.
Les personnes âgées, les personnes immunodéprimées et celles souffrant de maladies respiratoires chroniques (comme l’asthme ou la bronchopneumopathie chronique obstructive ou BPCO) présentent eux aussi un risque accru de forme sévère.
Comment se transmet la coqueluche ?
La coqueluche se transmet par voie aérienne, par l’intermédiaire des gouttelettes émises lorsqu'une personne infectée tousse, éternue ou postillonne.
Cette pathologie est extrêmement contagieuse : on estime qu'une personne malade peut contaminer 15 à 17 personnes non immunisées avec qui elle a été en contact. Le risque de transmission est maximal lors des premiers jours des symptômes et pendant les trois premières semaines de toux, période durant laquelle la personne est la plus contagieuse. Le risque est particulièrement élevé au sein du foyer familial, dans les collectivités et dans tout environnement où les contacts sont étroits et prolongés. C'est pourquoi la coqueluche se transmet souvent de l'entourage vers les nourrissons.
La période d'incubation varie généralement de 7 à 10 jours mais peut s'étendre jusqu’à 21 jours. Durant toute cette période, la personne infectée peut transmettre la maladie sans même savoir qu'elle est malade.
Quels sont les symptômes de la coqueluche ?
La coqueluche évolue en trois phases successives, chacune avec des symptômes spécifiques :
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Phase dite catarrhale (pendant 1 à 2 semaines). La maladie débute comme un simple rhume : écoulement nasal clair, éternuements, toux légère et parfois une fièvre modérée. À ce stade, rien ne permet de distinguer la coqueluche d'une infection virale banale. Pourtant, c'est à cette période que la contagiosité est la plus forte.
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Phase dite paroxystique (2 à 6 semaines, parfois plus). La toux s'intensifie et devient caractéristique. Elle survient par quintes violentes et répétées, composées de plusieurs secousses rapprochées sans possibilité de reprendre son souffle. À la fin de chaque quinte, une inspiration profonde et bruyante produit un son aigu caractéristique appelé "chant du coq", qui a donné le nom de la maladie. Ces quintes peuvent être déclenchées par l'effort, les pleurs, l'alimentation ou survenir spontanément, y compris la nuit. Elles s'accompagnent souvent de vomissements, d'une rougeur du visage, d'une fatigue importante voire d'une cyanose (coloration bleutée de la peau). Entre les quintes, la personne est normale.
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Phase de convalescence (plusieurs semaines à plusieurs mois) : la toux diminue progressivement en intensité et en fréquence. Mais elle peut persister pendant des semaines voire des mois, d'où le surnom de "toux des 100 jours". Toute infection respiratoire qui surviendrait pendant cette période (rhume, bronchite) serait à risque de faire réapparaître temporairement les quintes de toux.
Chez l'adulte et l'adolescent, les symptômes sont cependant moins nets : la toux est prolongée (plus de 7 jours) et épuisante mais les quintes avec le fameux chant du coq sont rares, ce qui favorise d’ailleurs les retards de diagnostic.
Chez le nourrisson, la coqueluche est une urgence médicale
Chez le nourrisson de moins de 6 mois, la coqueluche présente des symptômes spécifiques et représente une véritable urgence médicale. Les quintes de toux typiques sont souvent absentes et on observe à la place :
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Des pauses respiratoires qui peuvent se prolonger ;
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Une cyanose : lèvres et visage qui deviennent bleus par manque d'oxygène ;
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Des difficultés à s'alimenter ;
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Des vomissements après les quintes ;
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Une respiration rapide et sifflante.
Le nourrisson malade peut également faire des malaises et des convulsions. Ces complications surviennent brutalement et peuvent remettre en question le pronostic vital en quelques minutes. C’est pourquoi si votre bébé présente une toux inhabituelle, des pauses respiratoires ou des difficultés à respirer, appelez immédiatement le 15.
La prise en charge médicale de la coqueluche
Une prise en charge médicale adaptée est indispensable pour traiter l'infection et prévenir sa transmission.
Coqueluche : une consultation médicale indispensable
Face à une toux prolongée qui survient par quintes ou si vous avez été en contact avec une personne atteinte de coqueluche, consultez rapidement votre médecin. Le diagnostic repose d'abord sur l'examen clinique et l'interrogatoire : description de la toux, s’il y a eu contact avec un cas déclaré, vaccins à jour…
Pour confirmer le diagnostic, votre médecin peut vous prescrire des examens complémentaires :
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Un prélèvement nasopharyngé par aspiration ou écouvillonnage pour détecter la bactérie. Cet examen est très fiable mais doit être réalisé au cours des trois premières semaines de toux.
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Une prise de sang pour rechercher des anticorps spécifiques, surtout si la toux dure depuis plus de trois semaines. Elle permet de confirmer une infection récente ou en cours.
Des antibiotiques automatiques en cas de coqueluche
Le traitement de la coqueluche repose sur la prise d'antibiotiques de la famille des macrolides. Ces médicaments éliminent la bactérie et réduisent la contagiosité.
Toutefois, les antibiotiques ont peu d'effet sur la durée et l'intensité de la toux une fois la phase paroxystique installée. Ils sont surtout efficaces s'ils sont administrés pendant la phase catarrhale, qui survient avant l'apparition des quintes. C'est pourquoi un traitement précoce, dès la suspicion de coqueluche chez une personne contact ou lors de la première semaine de toux, est important.
Une hospitalisation dans certaines situations
Un séjour à l’hôpital est nécessaire dans plusieurs situations :
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Il est systématique pour tous les nourrissons de moins de 3 mois, en raison du risque plus élevé pour leur pronostic vital en cas de complication.
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Les nourrissons de 3 à 6 mois présentant des complications : pauses respiratoires, cyanose, difficultés alimentaires, déshydratation.
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Les enfants ou adultes atteints de complications : détresse respiratoire, pneumonie surinfectée, déshydratation importante, troubles neurologiques.
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Les personnes fragiles : personnes âgées, immunodéprimées, atteints d’insuffisance respiratoire chronique.
À l'hôpital, une surveillance continue est mise en place. Certaines mesures peuvent être nécessaires : oxygénothérapie, assistance respiratoire, nutrition par sonde en cas de difficultés à s'alimenter… L'isolement est de rigueur pour éviter la transmission à d'autres patients.
Comment éviter la coqueluche ?
La prévention repose principalement sur la vaccination et, dans certaines situations, sur une prise d'antibiotiques. Ces mesures permettent de protéger les personnes les plus vulnérables.
La vaccination reste essentielle pour prévenir la coqueluche
La vaccination constitue le moyen le plus efficace de prévenir la coqueluche et ses complications graves.
Chez le nourrisson, la vaccination est d’ailleurs obligatoire depuis 2018. Le schéma vaccinal comprend :
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Une première dose à 2 mois ;
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Une deuxième dose à 4 mois ;
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Une troisième dose à 11 mois.
Ce schéma en trois doses permet au bébé d’être protégé dès la fin de sa première année de vie. Chez l'enfant et l'adolescent, des rappels sont nécessaires pour maintenir l'immunité :
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Un rappel à 6 ans ;
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Un rappel entre 11 et 13 ans.
Chez l'adulte, un rappel est recommandé à 25 ans. En fonction du milieu professionnel (il est indispensable pour les professionnels de santé et de la petite enfance, notamment), ce rappel doit être renouvelé à 45 ans et 65 ans. Cela permet de limiter la circulation de la bactérie et de protéger indirectement les nourrissons.
Chez la femme enceinte, une vaccination est fortement recommandée à chaque grossesse, entre la 20e et la 36e semaine d'aménorrhée. Cela permet de transmettre des anticorps au fœtus, qui sera ainsi partiellement protégé dès la naissance et pendant les premiers mois de vie, période où il est le plus vulnérable.
Enfin, pour l'entourage proche des nourrissons (parents, grands-parents, fratrie, personnes amenées à garder régulièrement le bébé), un rappel vaccinal est recommandé si le dernier rappel date de plus de 5 ans, idéalement avant la naissance ou juste après.
Des antibiotiques pour certaines personnes de l’entourage
Lorsqu'un cas de coqueluche est déclaré, une prise d'antibiotiques en prévention (antibioprophylaxie) est proposée aux personnes contact à risque, même si elles ne présentent aucun symptôme. Cette mesure vise à éviter qu'elles ne développent la maladie et ne contaminent à leur tour d'autres personnes vulnérables.
Les personnes concernées :
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Les personnes vivant sous le même toit que le malade.
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Les nourrissons de moins de 6 mois ayant été en contact rapproché avec le malade.
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Les femmes enceintes au dernier trimestre de grossesse.
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Les personnes non ou mal vaccinées ayant été en contact étroit avec la personne atteinte.
Le traitement consiste en une prise d'azithromycine pendant 3 à 5 jours. Elle doit être débutée le plus rapidement possible après l'exposition, idéalement dans les 21 jours qui suivent le contact avec la personne malade.
En complément, une mise à jour du calendrier vaccinal est systématiquement réalisée si nécessaire pour toutes les personnes contact, quel que soit leur âge. La vaccination post-exposition n'empêche pas la coqueluche si la contamination a déjà eu lieu, mais elle renforce la protection par la suite.