Les cancers du testicule sont généralement rares, mais touchent surtout les hommes jeunes. Bonne nouvelle : le plus souvent détecté à temps, ce cancer se soigne bien. Quels sont les facteurs de risque ? Quels symptômes et quels traitements ? Présentation.
Cancer du testicule : qu’est-ce que c’est ?
Le cancer du testicule est le plus fréquent des cancers chez l’homme jeune (15-35 ans). Il se caractérise par la transformation d’une cellule normale de l’un des deux testicules en cellule cancéreuse qui se multiplie de façon incontrôlée, jusqu’à former une tumeur. Le plus souvent, un seul testicule est touché.
Il existe différents types de cancer du testicule, en fonction de la nature des cellules qui le provoquent :
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Les tumeurs germinales sont les plus fréquentes (95% des cas, d’après la Fondation pour la recherche sur le cancer). Elles ont pour origine les cellules qui produisent les spermatozoïdes, dites cellules germinales.
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Parmi les tumeurs germinales, on distingue les tumeurs séminomateuses : un dérivé des cellules souches des spermatozoïdes ayant dégénéré. Ce type de tumeur concerne le plus souvent les hommes âgés de 35 à 45 ans.
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Toujours au sein des tumeurs germinales, on trouve les tumeurs non-séminomateuses qui viennent de la dégénérescence de cellules souches pouvant évoluer en tout type de cellule. Elles concernent 40% des cancers du testicule, surtout entre la puberté et 35 ans.
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D’autres formes, plus rares, concernent environ 5% des cas de cancer du testicule. Elles se développent à partir de cellules non germinales.
Petit rappel sur les testicules
Les testicules sont les glandes sexuelles masculines et sont composées de différentes cellules : celles qui produisent la testostérone et les cellules germinales qui produisent les spermatozoïdes. Les testicules sont entourés de différentes membranes, dont la plus extérieure : le scrotum.
Chez les fœtus garçons, les testicules se développent d’abord dans l’abdomen avant de descendre progressivement dans le scrotum. Extérieurs à la cavité pelvienne, les testicules ont une température de 2 degrés en moins par rapport à celle du corps. Cela permet de fabriquer des spermatozoïdes viables.
Les facteurs de risque du cancer du testicule
Il est généralement difficile de déterminer un facteur de risque précis en cas de cancer du testicule. Néanmoins, certaines causes ont pu être identifiées :
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La cryptorchidie : cette anomalie congénitale qui concerne 1 à 3% des nouveau-nés de sexe masculin, est incriminée dans 6% des cas de cancer du testicule. Elle se définit par un testicule qui n’est pas descendu normalement depuis l’abdomen (où les testicules se développent durant la vie fœtale) jusque dans le scrotum. Dans la plupart des cas, cette anomalie ne concerne qu’un seul testicule mais peut néanmoins être bilatérale. Lorsque la cryptorchidie n’a pas été soignée avant l’âge de 2 ans, le risque de développer un cancer du testicule par la suite est multiplié par 10 (source : Fondation pour la recherche sur le cancer). Le pédiatre surveille donc étroitement la descente du testicule qui reste possible naturellement jusqu’à 6 mois. Si ce n’est pas le cas, une intervention chirurgicale est nécessaire entre 1 et 3 ans. Mais cette intervention ne protège pas totalement contre le risque de cancer du testicule.
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L’atrophie testiculaire se produit lorsque la taille de l’un des testicules diminue. Ce phénomène peut être lié aux oreillons, maladie causée par un virus infantile qui touche les glandes salivaires mais qui peut être grave à l’âge adulte. Le vaccin contre cette maladie est d’ailleurs obligatoire chez le nourrisson.
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Les antécédents familiaux : si votre père ou votre frère a été atteint par un cancer du testicule, le risque de développer la maladie à votre tour augmente. Toutefois, le caractère héréditaire de ce cancer n’a pas été établi.
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Le VIH : les patients porteurs de ce virus ont davantage de risque de subir un cancer du testicule.
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La consommation de cannabis augmente les risques de développer un cancer du testicule.
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L’environnement : le nombre de cancers du testicule augmente dans les pays industrialisés. Les scientifiques suspectent que l’exposition aux perturbateurs endocriniens pourrait être en cause, bien qu’aucun produit toxique précis n’ait encore été mis en cause.
Cancer du testicule : quels sont ses symptômes ?
Cette pathologie n’entraîne généralement pas de symptômes spécifiques. Dans la plupart des cas, le cancer est détecté lorsque le patient découvre lui-même une masse dure et indolore au niveau de l’un de ses testicules lors d’une autopalpation. Mais ce symptôme seul ne suffit pas à diagnostiquer un cancer du testicule. D’autres signes sont possibles :
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Parfois, le testicule concerné augmente considérablement de volume.
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Rarement, le testicule peut être douloureux.
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La poitrine peut augmenter de volume (gynécomastie).
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Des troubles de la fertilité peuvent se manifester : c’est parfois à l’occasion d’un bilan de fertilité que certains hommes découvrent qu’ils sont atteints d’un cancer du testicule.
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En cas de douleurs lombaires, cela peut être le signe d’un cancer devenu métastatique.
L’importance de l’autopalpation
Comme son nom l’indique, l’autopalpation consiste à palper vous-même vos testicules. Pour cela, les deux mains doivent être utilisées, afin de détecter plus facilement une masse dure inhabituelle ou une différence flagrante de taille entre les deux glandes (attention : une légère différence de taille est considérée comme normale). Ce geste simple doit être effectué régulièrement (une fois par mois) à la sortie de la douche par exemple (car la chaleur de l’eau a détendu la peau des bourses, ce qui facilite l’examen) et à partir de l’âge de 13 ans.
Comment procéder ? Faites rouler la glande délicatement entre votre pouce (placé au-dessus du testicule) et vos 4 doigts (placés dessous). L’autopalpation est décisive pour diagnostiquer la maladie précocement et donc augmenter ses chances de guérison.
La prise en charge des cancers du testicule
En présence de l’un des symptômes précédemment décrits, prenez rendez-vous chez votre médecin traitant, votre urologue ou votre andrologue.
Le diagnostic
Votre médecin prescrit une échographie des deux testicules, également appelée échographie scrotale bilatérale. Cet examen permet de visualiser la masse suspecte et d’en mesurer la taille. Si la suspicion de cancer s’accentue, un autre examen est prescrit : le dosage de différents marqueurs tumoraux par bilan sanguin. Des taux élevés sont significatifs d’une tumeur évolutive et donnent de premières informations sur le stade de cette dernière. Trois stades sont possibles :
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Le stade tumoral : en cas de tumeur non palpable jusqu’à une tumeur étendue au scrotum.
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L’atteinte ganglionnaire : de l’absence de métastase ganglionnaire lymphatique régionale à une métastase ganglionnaire supérieure à 5 cm.
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Le stade correspondant à la présence ou non de métastases viscérales (qui touchent les organes environnants).
Ce dosage sera de nouveau effectué par la suite afin d’évaluer l’efficacité des traitements et anticiper toute rechute. Néanmoins, l’étape qui permet de poser un diagnostic définitif est l’analyse anatomopathologique de la tumeur qui implique l’ablation du testicule concerné lors d’une intervention chirurgicale.
Un autre examen fait partie du bilan d’extension (une fois le cancer avéré) : le scanner thoraco-abdomino-pelvien qui permet de visualiser d’éventuelles métastases au niveau d’autres organes environnants, comme les poumons, le foie, le cerveau ou les os.
La préservation de la fertilité avant le traitement
Par mesure de précaution, votre médecin vous propose de conserver votre sperme dans un centre spécialisé (Centre de conservation des œufs et du sperme ou Cecos) avant le début des traitements. Rassurez-vous : dans la majorité des cas, votre fertilité reviendra à la normale à l’issue des traitements.
En fonction de votre âge, la paternité peut vous sembler un projet lointain, mais préserver votre sperme permet néanmoins d’anticiper les risques d’infertilité secondaire qui, bien que peu fréquente, reste possible. En effet, un cancer du testicule ne concernant généralement qu’une seule glande, l’autre reste opérationnelle. Toutefois, la chimiothérapie peut altérer la fertilité en détruisant des cellules saines et malsaines, sans distinction.
Le recueil du sperme s’effectue simplement au sein du Cecos par masturbation dans un flacon stérile. Ce sperme est ensuite analysé afin d’évaluer la qualité des spermatozoïdes, avant d’être mélangé à un produit cryoprotecteur et congelé dans de l’azote liquide à -196°C. Cet échantillon peut être conservé aussi longtemps que vous le souhaitez et pourra éventuellement servir dans le cadre d’un parcours de procréation médicalement assistée (PMA), si besoin.
Cancer du testicule : quels traitements ?
Les traitements du cancer du testicule diffèrent en fonction du type et du stade du cancer. Dans tous les cas, la première étape consiste en l’ablation du testicule concerné par le cancer (orchidectomie). Une incision de quelques centimètres est pratiquée au niveau de l’aine. Puis, le cordon spermatique est ligaturé pour arrêter le flux sanguin et le testicule est retiré. Ce dernier peut être remplacé par une prothèse en silicone, si vous le souhaitez. Cette étape peut être effectuée par la suite également. L’intervention comporte le plus souvent peu voire pas de complications. Le repos est recommandé pour favoriser la cicatrisation. Évitez de porter des objets lourds et d’effectuer des efforts physiques dans les semaines qui suivent l’opération.
La chimiothérapie peut être nécessaire en deuxième étape, lorsque la nature de la tumeur a été identifiée grâce à l’examen anatomopathologique qui suit l’ablation. Ces deux traitements sont recommandés en cas de métastases ou pour réduire le risque de récidive. Une combinaison de médicaments aux actions distinctes est utilisée pour détruire les cellules cancéreuses. Les cures durent une semaine toutes les trois semaines, en moyenne. Plus rarement, la radiothérapie peut parfois être recommandée. Mais elle est réservée à certaines formes de cancer du testicule ou en cas de métastases avancées.
Un curage ganglionnaire peut être réalisé après une chimiothérapie, en cas de cancer métastatique ayant atteint les ganglions lymphatiques. Si les masses cancéreuses restent supérieures à 1 cm après la chimiothérapie, le curage est réalisé. Il consiste à retirer les ganglions situés dans l’abdomen. C’est une intervention longue et complexe de plusieurs heures, réalisée par une équipe expérimentée.
Les soins de support et le suivi pluridisciplinaire
Ces soins complémentaires sont réalisés pendant et après les traitements. Ils peuvent être réalisés par des médecins, des psychologues, des infirmiers ou encore des assistants sociaux. Ils concernent la gestion de la douleur, le soutien psychologique, l’activité physique ou le suivi nutritionnel.
Ainsi, une aide au sevrage est systématiquement proposée en cas de tabagisme, de consommation excessive d’alcool ou de cannabis, car ces substances augmentent la toxicité de la chimiothérapie.
Des séances d’activité physique sont également proposées dès le début du traitement, afin de réduire la fatigue et améliorer la qualité de vie. Elles sont assurées par un professeur d’éducation physique et sportive adaptée en milieu hospitalier.
Un soutien psychologique est également fréquemment proposé, d’autant plus du fait de l’âge des patients, ainsi qu’un accompagnement social. Ce dernier est utile pour organiser la poursuite des études pendant le traitement par exemple, ou faciliter la reprise d’une activité professionnelle après.
Enfin, après les traitements, un suivi régulier est mis en place, en particulier pendant la première année durant laquelle les récidives sont les plus fréquentes. Un examen clinique et un dosage des marqueurs tumoraux sont ainsi prescrits tous les mois de la première année, puis tous les 6 mois lors de la 2e année et tous les ans de la 3e à la 5e année. Des scanners thoraco-abdomino-pelviens sont également prescrits à des fréquences qui dépendent de chaque patient.
Au-delà de 5 ans, les patients avec un bon pronostic ne sont plus surveillés par un oncologue, ce qui n’est pas le cas des patients avec un pronostic moins favorable. Pour ces derniers, le suivi est prolongé de 10 ans, avec un examen clinique et un dosage des marqueurs tumoraux par an.
Sources & références :
- https://www.fondation-arc.org/cancer/cancer-testicule
- https://www.ligue-cancer.net/questce-que-le-cancer/les-types-de-cancer/cancer-des-testicules s
- https://www.urofrance.org/2023/10/24/cancer-du-testicule-messieurs-palpez-vous/#:~:text=Le%20Dr%20Murez%20insiste%20encore,leur%20r%C3%A9gularit%C3%A9%20ou%20leur%20consistance%20%C2%BB.