L’hystérectomie est une intervention qui consiste à retirer partiellement ou totalement l’utérus. Pourquoi l’effectuer et comment se déroule-t-elle ? Présentation.
Hystérectomie : qu’est-ce que c’est ?
L’hystérectomie correspond à l’ablation partielle ou totale de l’utérus. Il s’agit d’une intervention chirurgicale pratiquée sous anesthésie générale ou loco-régionale par un chirurgien-gynécologue.
Les différents types d’hystérectomie
On distingue plusieurs types d’hystérectomie, en fonction des organes retirés lors de l’intervention :
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L’hystérectomie subtotale ou partielle consiste à retirer l’utérus seulement.
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L’hystérectomie totale se définit par l’ablation de l’utérus et du col de l’utérus.
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L’hystérectomie (partielle ou totale) avec salpingectomie et ovariectomie consiste à retirer l’utérus, les trompes de Fallope et les ovaires.
Dans quels cas pratiquer une ablation de l’utérus ?
Plusieurs situations peuvent nécessiter de pratiquer une hystérectomie :
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Pour traiter un fibrome utérin : une tumeur bénigne qui peut se développer dans l’utérus et qui peut devenir parfois volumineuse. Un fibrome peut en outre provoquer des symptômes tels qu’une douleur ou une gêne importante, ainsi que des saignements en dehors des règles. L’hystérectomie est proposée en cas d’échec des traitements principaux.
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Pour retirer des lésions d’adénomyose : lorsque des fragments d’endomètre se développent dans la muqueuse utérine. L’adénomyose est une forme particulière d’endométriose.
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Pour traiter une descente d’organes ou prolapsus génital.
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Pour soigner un cancer du col de l’utérus, de l’endomètre ou de l’ovaire.
Avant, pendant, après : comment se passe une hystérectomie ?
Le choix d’une hystérectomie est d’abord discuté en amont entre vous et votre médecin. Ce dernier vous explique en détails les raisons qui motivent ce choix, la préparation, la technique qu’il envisage d’utiliser et les suites opératoires.
Avant l’intervention
Une consultation préopératoire avec un anesthésiste est à prévoir 1 à 2 semaines avant l’intervention. C’est l’occasion de faire part de vos allergies, si vous en avez, ainsi que des médicaments que vous avez été amenée à prendre récemment. Pendant les 10 jours qui précèdent l’intervention, évitez de prendre de l’aspirine qui peut favoriser les saignements.
Vous pouvez être hospitalisée la veille de l’opération. À ce moment-là, vous commencez une préparation digestive : vous devez être à jeun depuis au moins 6 heures avant l’hystérectomie.
Le déroulé de l’hystérectomie
Plusieurs techniques opératoires sont possibles, en fonction de votre situation :
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L’hystérectomie vaginale (ou par voie basse) se déroule par les voies naturelles, sans incision abdominale.
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L’hystérectomie coelioscopique est réalisée à l’aide d’un endoscope : un tube fin muni d’une petite caméra est introduit dans l’abdomen, à la suite de petites incisions. Différents instruments chirurgicaux peuvent être introduits par l’endoscope, à l’aide de trocarts.
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L’hystérectomie abdominale (ou par voie haute, également appelée laparotomie) est réalisée à partir d’une ouverture de l’abdomen. Cette technique est rarement privilégiée actuellement.
La durée de l’intervention varie entre 30 et 90 minutes, en fonction de la technique utilisée. Une sonde urinaire et un drain peuvent être mis en place juste après l’intervention et conservés pendant 24 heures, en fonction de la technique utilisée.
Après l’intervention
Vous êtes conduite en salle de réveil, où vous serez surveillée pendant 2 heures. La perfusion intraveineuse mise en place juste avant l’intervention est conservée pendant 24 à 48 heures, en fonction de la reprise de votre transit intestinal. Le retour à une alimentation normale dépend également de ce critère.
Si vous avez subi une hystérectomie vaginale, une mèche ou une compresse est parfois mise en place dans le vagin après l’intervention et également retirée dans les 24 à 48 heures qui suivent. Un saignement vaginal modéré est considéré comme normal durant les premiers jours qui suivent l’intervention. Votre sortie de l’établissement a généralement lieu 3 jours après l’opération ou 7 jours après, en cas d’hystérectomie abdominale.
L’hystérectomie
Une grossesse est-elle possible après une hystérectomie ?
Non, l’utérus étant retiré, une grossesse n’est plus possible. Vous n’aurez plus de règles non plus. Si les ovaires ne sont pas retirés, ils continueront à jouer leur rôle jusqu’à votre ménopause naturelle. S’ils sont retirés, l’hystérectomie entraîne la ménopause. Si vous souhaitez avoir des enfants, parlez-en avec votre médecin afin qu’il puisse vous proposer d’autres solutions.
Les rapports sexuels sont-ils déconseillés après une hystérectomie ?
Oui, pendant le premier mois qui suit l’intervention. Passé ce délai et avec le feu vert de votre médecin, vous pourrez reprendre normalement les rapports sexuels. L’hystérectomie ne modifie pas leur possibilité ni leur qualité.
Quelles sont les complications possibles ?
L’hystérectomie est une intervention courante et maîtrisée. Mais comme dans toute intervention chirurgicale, des risques de complications sont possibles, bien que rares :
- Une hémorragie peut survenir, ce qui nécessite alors de mettre en place une transfusion de sang.
- Des lésions peuvent se produire sur les organes environnants comme les intestins, les voies urinaires ou les vaisseaux sanguins.
- Un abcès de la cicatrice abdominale ou vaginale, alors traité par des soins locaux ou un drainage chirurgical.
- Une infection urinaire, bénigne et traitée par des antibiotiques.
- Une phlébite des membres inférieurs pouvant se compliquer en embolie pulmonaire : c’est pourquoi un lever précoce est recommandé, afin d’éviter l’immobilisation qui augmente le risque. En association avec le port de bas de contention et la prise d’anticoagulants.