Le bilan d’extension est une étape indispensable et déterminante dans le cadre de la découverte d’un cancer. De quoi s’agit-il précisément et comment se déroule-t-il ? Explications.
Qu’est-ce que le bilan d’extension ?
Le bilan d’extension est la dernière étape du diagnostic (ou bilan diagnostique) d’un cancer. Il survient juste après que la présence de la maladie a été confirmée par le bilan initial. Le bilan d’extension sert à connaître l’état d’avancement de la tumeur et si elle s’est propagée à d’autres organes. Enfin, le bilan d’extension permet également d’évaluer le stade du cancer (selon la classification TNM) afin de pouvoir déterminer le protocole de soins le plus adapté.
Bilan d’extension : quels sont les patients concernés ?
Tous les patients dont le bilan diagnostique a confirmé la présence d’un cancer font l’objet d’un bilan d’extension. Cette étape est indispensable pour connaître davantage de détails sur la maladie et proposer la meilleure stratégie thérapeutique.
Les examens d’un bilan d’extension
Plusieurs examens ont déjà été réalisés lors du bilan diagnostique. D’autres sont ensuite réalisés afin de procéder au bilan d’extension :
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Des analyses sanguines et urinaires sont utiles pour savoir si un cancer s’est étendu à d’autres organes.
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Le scanner est nécessaire pour approfondir l’étude d’une anomalie précédemment repérée, lors d’une radiographie par exemple. De plus, il est plus approprié pour évaluer des organes plus difficiles d’accès comme le pancréas, le foie, le poumon ou encore le rein.
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Une IRM (imagerie par résonance magnétique) est pratiquée pour visualiser de manière plus détaillée la façon dont le cancer s’intègre aux structures environnantes. Cet examen est particulièrement recommandé pour les patients qui pourraient être traités rapidement par la chirurgie.
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Une biopsie est incontournable pour diagnostiquer un cancer. Elle peut être complétée par une caractérisation moléculaire qui étudie les spécificités des cellules cancéreuses, afin d’orienter le pronostic et/ou le traitement.
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Le PET-scan ou TEP (tomographie par émission de positrons) permet d’identifier plus facilement les cellules cancéreuses que tout autre examen. Mais il n’est pas forcément recommandé pour tous les types de tumeur.
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Une scintigraphie osseuse pour rechercher d’éventuelles métastases au niveau des os.
Ces deux derniers examens font partie de la médecine nucléaire.
D’autres examens peuvent être réalisés, en fonction de la tumeur et de la zone du corps concerné. Par exemple, une tomosynthèse (technique de mammographie numérique)
Zoom sur la classification TNM
La classification ou système TNM permet de classer les tumeurs malignes en fonction de leur stade d’évolution. Pour établir cette classification, il faut prendre en compte l’évolution locale et la taille (T) de la tumeur. Mais aussi son extension aux ganglions lymphatiques voisins (N pour node qui signifie « ganglion » en anglais) et son éventuelle prolifération sous forme de métastases (M). La tumeur est caractérisée par un chiffre pour chacun de ces paramètres :
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L’envahissement local est situé entre T1 et T4, en fonction de la sévérité de la tumeur.
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Le nombre de ganglions lymphatiques envahis va de N0 (pas de ganglion atteint) à N3 (de nombreux ganglions sont atteints).
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Les métastases sont absentes (M0) ou présentes (M1).
Bilan d’extension : et après ?
Après le bilan d’extension vient la prise en charge du cancer en tant que telle. Il faut cependant d’abord l’annoncer au patient lors d’une consultation dédiée : le dispositif d’annonce. Ce moment délicat et important voit l’oncologue présenter le diagnostic et exposer au patient les différents traitements dont il va bénéficier.
Une réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP) est organisée entre l’oncologue et son équipe afin de déterminer le protocole de soins le plus adapté à chaque cas. Suite à cette réunion, une nouvelle consultation est prévue avec l’oncologue afin que ce dernier présente au patient son programme personnalisé de soins (PPS). D’autres consultations auront lieu par la suite, avec différents professionnels de santé (infirmiers, psychologues, médecin traitant, diététicien) ou du social, en plus de l’oncologue.