Tout le temps envie d’uriner ? Les causes possibles

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se retenir d'uriner
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Vous avez envie d’uriner de façon trop fréquente. Et si c’était une pollakiurie ? Ses causes sont multiples. Explications.

 

Envie fréquente d’uriner : qu’est-ce que la pollakiurie ?

La pollakiurie désigne une augmentation anormale de la fréquence des mictions, sans que le volume total d'urine émis sur 24 heures soit plus élevé que d’habitude. Autrement dit, vous allez très (trop) souvent aux toilettes, mais vous urinez à chaque fois en petite quantité, souvent moins de 100 ml, soit l'équivalent d'un petit verre d'eau.

On parle de pollakiurie lorsqu’on urine plus de 7 fois par jour et/ou que les mictions sont espacées de moins de 2 heures. Dans les cas les plus sévères, le besoin peut survenir toutes les 15 à 20 minutes.

Ce phénomène s'explique par l’activation prématurée des nerfs chargés d'évaluer le remplissage de la vessie. Résultat, le cerveau reçoit le signal que la vessie est pleine alors qu'elle ne l'est pas encore réellement.


La pollakiurie peut s'accompagner d'autres signes : 

  • Envies pressantes d’uriner et difficiles à contrôler ;

  • Brûlures au moment de la miction ; 

  • Fuites urinaires. 

 

Qu’est-ce qu’une miction normale ?
Pour être considérée comme normale, une miction doit répondre à un certain nombre de critères : 

  • Elle est volontaire, indolore et complète : la vessie se vide entièrement.

  • Elle dure moins d'une minute.

  • Elle correspond à un volume d'urine d'environ 300 à 350 ml.

  • Elle survient toutes les 3 à 4 heures, exclusivement le jour.

  • Sa fréquence est de 6 à 8 mictions par jour en moyenne.

  • Le volume total d'urine produit sur 24 heures est compris entre 1 et 2 litres.

À noter : à partir de 60 ans, se lever une fois par nuit pour uriner est considéré comme normal.

 

Quelles sont les causes possibles de la pollakiurie ?

Les raisons d'une envie trop fréquente d'uriner sont nombreuses et de gravité variable. 

 

La taille de la vessie

Certaines personnes présentent une vessie dont la capacité est naturellement réduite depuis la naissance. On parle alors de petite vessie constitutionnelle. Cette capacité « de remplissage » étant plus faible, le signal se déclenche plus tôt et les mictions sont donc plus fréquentes. Aucune pathologie sous-jacente n'est en cause : c'est simplement une particularité anatomique et il faut vivre avec.

 

L’hyperactivité vésicale

C’est l'une des causes les plus fréquentes de pollakiurie. Elle se caractérise par des contractions involontaires du muscle de la vessie, qui se contracte alors même que cette dernière n'est pas pleine. Principal symptôme : une envie soudaine, brutale et irrépressible d'uriner, souvent associée à une pollakiurie diurne et/ou nocturne.
Ce trouble est plutôt fréquent. Selon Urofrance, 14,4 % de la population générale serait touché, avec une fréquence plus marquée chez les femmes et qui augmente avec l'âge. Pourtant, seulement un tiers des personnes concernées consulte un médecin pour ce motif. La cause de l'hyperactivité vésicale est souvent sans origine clairement identifiée. Elle peut aussi être secondaire à une maladie neurologique.

 

Une maladie de l’appareil urinaire

Une pathologie de l'appareil urinaire, qui comprend les reins, les uretères, la vessie et l’urètre, peut être à l'origine de la pollakiurie. Voici les cas les plus fréquents :

  • La cystite aiguë ou infection urinaire : c'est l'une des causes les plus fréquentes d'envie d'uriner souvent, notamment chez la femme. Il s'agit d'une infection bactérienne de la vessie qui déclenche une inflammation de sa paroi. 

  • La pyélonéphrite : lorsque l'infection urinaire remonte jusqu'aux reins. En plus de la pollakiurie, elle s'accompagne souvent de fièvre, de douleurs lombaires intenses et d'un état général altéré. C'est une urgence médicale qui nécessite une prise en charge rapide.

  • Un calcul vésical : la présence d'un calcul (une « pierre ») dans la vessie irrite sa paroi. Cette irritation de la muqueuse vésicale entraîne des contractions réflexes, à l'origine d'envies fréquentes et parfois douloureuses d'uriner. Des douleurs abdominales basses et la présence de sang dans les urines peuvent s'y associer.

  • Le cancer de la vessie : une tumeur vésicale peut réduire la capacité fonctionnelle de la vessie ou irriter sa paroi, générant alors une pollakiurie. La présence de sang dans les urines est souvent un signal d’alerte. Une pollakiurie persistante sans cause évidente justifie de consulter votre médecin.

  • Une chimiothérapie endovésicale ou une radiothérapie pelvienne peuvent provoquer une inflammation et une réduction de la capacité de la vessie, avec pour conséquence une pollakiurie parfois durable.

 

Un trouble de la prostate

La prostate est une glande située juste sous la vessie et entoure l'urètre chez les hommes. Tout trouble affectant son volume ou son état peut donc directement comprimer ou irriter la voie urinaire et provoquer une pollakiurie :

  • L'hypertrophie bénigne de la prostate : avec l'âge, la prostate augmente naturellement de volume chez la grande majorité des hommes. Cette augmentation comprime l'urètre et obstrue partiellement le passage des urines. La vidange de la vessie devient incomplète, ce qui la maintient partiellement pleine en permanence et donne la sensation récurrente de besoin d’uriner, en particulier la nuit. 

  • La prostatite : il s'agit d'une inflammation, souvent infectieuse, de la prostate. L'augmentation de son volume et l'irritation qu'elle provoque entraînent une gêne à la miction avec des envies fréquentes et urgentes d'uriner, parfois accompagnées de brûlures et de douleurs pelviennes.

  • Le cancer de la prostate : lorsqu'il évolue, ce type de cancer peut comprimer l'urètre ou envahir les tissus voisins, perturbant ainsi le mécanisme de la miction et provoquant une pollakiurie. Des symptômes urinaires persistants chez l'homme de plus de 50 ans doivent inciter à consulter.

 

Des maladies touchant d’autres organes 

Toute inflammation, compression ou dysfonctionnement de l’un des organes entourant la vessie peut avoir des répercussions sur elle :

  • Les maladies neurologiques comme la sclérose en plaques, la maladie de Parkinson, un accident vasculaire cérébral : le contrôle de la miction dépend du système nerveux qui coordonne les contractions et relâchements de la vessie. Lorsque ce système est atteint, la régulation du fait d’uriner est perturbée. Ce qui peut produire une vessie hyperactive ou au contraire sous-active. La sclérose en plaques est d’ailleurs l'une des maladies neurologiques les plus fréquemment associées aux troubles mictionnels.

  • Le prolapsus génital : chez la femme, la descente d'organes pelviens (utérus, paroi vaginale) exerce une pression sur la vessie. Ce qui génère des envies d'uriner plus fréquentes.

  • La salpingite : cette infection des trompes de Fallope provoque une inflammation pelvienne qui peut irriter la paroi de la vessie du fait de leur proximité. Ce qui peut entraîner une pollakiurie associée à des douleurs pelviennes et des signes infectieux.

  • La sigmoïdite : l'inflammation du sigmoïde (portion terminale du côlon) peut, du fait de son contact direct avec la vessie, provoquer une irritation de sa paroi et générer des envies fréquentes d'uriner. Elle s'accompagne généralement de douleurs abdominales basses, situées sur la gauche et de troubles du transit. 

  • Une tumeur pelvienne : kyste ovarien, fibrome utérin, tumeur rectosigmoïdienne… toute masse pelvienne volumineuse (bénigne ou maligne) peut comprimer la vessie, réduire sa capacité et provoquer une pollakiurie.

     

La grossesse

La pollakiurie est un symptôme très fréquent pendant la grossesse. Elle peut apparaître dès les premières semaines et s'intensifie au fil des trimestres. Deux mécanismes principaux sont en jeu :

  • Les modifications hormonales du début de grossesse augmentent le flux sanguin au niveau des reins et donc la filtration urinaire, ce qui augmente la production d'urine.

  • La pression utérine : au fur et à mesure que l'utérus grossit avec le bébé, il appuie directement sur la vessie, réduisant sa capacité fonctionnelle.

Une envie fréquente d'uriner dans la journée concerne 59 % des femmes enceintes au premier trimestre, 61 % au deuxième, et 81 % en fin de grossesse. La pollakiurie nocturne touche quant à elle 66 % des futures mères au troisième trimestre, d’après Ameli. Ce symptôme disparaît naturellement après l'accouchement. 

 

Les causes psychologiques

Lorsqu'aucune cause précédente n'est identifiée, les facteurs psychologiques doivent être explorés. On parle alors de pollakiurie psychogène : le stress aigu ou chronique, l'anxiété et la dépression peuvent entraîner une tension musculaire généralisée, y compris au niveau du plancher pelvien et de la région abdominale. La vessie perçoit alors une pression même quand elle est peu remplie. Le cerveau interprète ce signal comme un besoin d'uriner et déclenche l'envie, même à vide. C'est le mécanisme bien connu de « l'envie pressante de l'examen », une situation de stress intense suffit à provoquer un besoin urgent d'uriner.
Dans les formes chroniques, un cercle vicieux peut s'installer : la crainte de ne pas trouver de toilettes à temps génère elle-même de l'anxiété, ce qui renforce la sensibilité de la vessie et augmente la fréquence des envies. On observe souvent chez les patients concernés que le besoin disparaît lorsqu'ils sont absorbés par une activité mentale intense. 
La pollakiurie psychogène est réelle, invalidante et nécessite une prise en charge adaptée, associant le plus souvent une rééducation vésicale comportementale, une gestion du stress à l’aide d’une thérapie cognitivo-comportementale ou d’une médecine douce comme la relaxation ou la sophrologie.

Consultez votre médecin rapidement si l’envie fréquente d’uriner dure depuis plusieurs jours sans cause évidente et si elle s'accompagne de fièvre, de douleurs lombaires, de sang dans les urines, de brûlures persistantes ou encore s'il perturbe votre sommeil et votre quotidien. La pollakiurie se soigne bien dans la majorité des cas, à condition d'en identifier la cause !