Le jeûne intermittent peut être risqué : faites-vous accompagner

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Effet de mode ou vrai effet santé ? Si le jeûne intermittent commence à être étudié de près par la science, il convient toutefois de le pratiquer avec précaution et après conseils médicaux.

 

Jeûne intermittent : qu’est-ce que c’est ?

Le jeûne intermittent est une pratique devenue très populaire depuis quelques années. Ce régime consiste à effectuer des pauses plus ou moins longues entre les repas (pendant lesquels on mange normalement), d’où le terme de « jeûne ».

Il existe différents types de régimes intermittents ou de jeûnes intermittents :

  • Le régime ou jeûne 5 : 2 : on mange normalement pendant 5 jours, puis l’on diminue drastiquement le nombre de calories durant les 2 jours qui suivent (500 calories maximum par jour pour les femmes et 600 calories par jour pour les hommes).

  • Le régime ou jeûne 16/8 : on jeûne pendant toute une journée (sur une période de 14 à 16 heures), puis l’on mange tout au long des 8 à 10 heures restantes. Exemple de mise en pratique : prendre un repas à 16 heures et ne plus rien manger jusqu’au matin suivant.

  • « L’alternate day fasting » consiste à jeûner un jour sur 2.

  • « Eat-stop-eat » : cette méthode consiste à jeûner pendant 24 heures une à 2 fois par semaine.

     

Jeûne intermittent : attention aux risques !

D’une manière générale, le jeûne intermittent n’est pas adapté à tout le monde.En particulier si vous souffrez de certaines carences ou que vous êtes à risque de dénutrition. En outre, nous ne sommes pas tous égaux face au niveau de notre appétit et notre capacité de rééquilibre alimentaire (autrement dit, certains sont susceptibles de « surcompenser » durant les périodes où ils peuvent manger) : deux facteurs de risque qui peuvent rendre les jeûnes intermittents contre-productifs, en particulier si vous en avez choisi un rigoureux à suivre.

Le jeûne intermittent le plus intéressant, selon l’Institut Pasteur, est le régime 16/8… à condition de le maintenir en permanence (or plusieurs études scientifiques ont démontré que le taux d’adhésion à un régime intermittent sur le long terme était faible).

En revanche, les jeûnes considérés comme « plus extrêmes » par le même Institut Pasteur sont fortement déconseillés. C’est notamment le cas des méthodes de jeûne 5 : 2 et du « eat-stop-eat », qui présentent des risques avérés pour la santé, tels que des carences nutritionnelles et des troubles alimentaires. Attention aussi aux dérives sectaires qui peuvent entourer ces régimes. L’Institut Pasteur relaie à ce sujet deux études scientifiques publiées dans les revues « Nature » et « Cell metabolism », en 2015 et 2014.

Dans tous les cas, si vous envisagez de suivre un régime intermittent, vous devez d’abord en parler à votre médecin traitant ou nutritionniste, afin d’évaluer les risques adaptés à votre cas et de mettre en place un rythme alimentaire qui vous convienne.

 

Qu’est-ce que l’autophagie, un processus phare du jeûne intermittent ?

L’autophagie est un processus biologique mis en place par l’organisme lorsque ce dernier est privé depuis un certain temps de nourriture. Il s’agit de processus biochimiques qui se déclenchent au sein de nos cellules. L’autophagie est une sorte de « recyclage » effectué par toutes les cellules de l’organisme lorsque ce dernier est affamé. Ce recyclage se concentre sur les composants cellulaires endommagés et indésirables, qui vont alors être dégradés. Durant l’autophagie, une sorte de « sac » se forme pour recueillir les déchets cellulaires, comme un sac poubelle !

 

Que dit la science sur le rapport entre jeûne intermittent et santé ?

De nombreuses études scientifiques sur les régimes intermittents ont été menées, afin d’évaluer les bienfaits prétendus de ces jeûnes pour notre santé. Voici ce que l’on peut retenir.

 

Perte de poids : le jeûne intermittent n’est pas plus efficace

L’une des grandes promesses du jeûne intermittent est de favoriser et accélérer la perte de poids, tout en allégeant les contraintes d’un régime traditionnel (puisqu’on peut manger normalement en-dehors des périodes de jeûne). L’Inserm a notamment relayé deux études menées sur des personnes en situation d’obésité. À chaque fois, différents groupes suivaient un régime différent, dont une méthode de jeûne intermittent. Les résultats finaux ont montré des résultats quasiment similaires d’un groupe à l’autre (pour les personnes qui n’avaient pas abandonné leur régime en cours de route). Les résultats concordent avec d’autres études de ce type. Conclusion : le jeûne intermittent ne permet pas de perdre plus de poids que les autres régimes traditionnels. 

 

Jeûne intermittent et métabolisme : des bienfaits similaires aux régimes classiques

Autre bienfait mis en avant par les promoteurs du jeûne intermittent : il permettrait de diminuer les risques cardiovasculaires et d’améliorer le métabolisme. Là encore, les résultats des études ne le confirment pas : le jeûne intermittent, comme les régimes classiques, aide bien à baisser le taux de cholestérol global, mais le taux de glucose et les triglycérides restent inchangés. Bref, il ne présente donc pas plus de bienfaits qu’une alimentation équilibrée.

 

Jeûne intermittent et cancer : attention à ne pas s’emballer

De nombreux chercheurs se sont penchés sur les effets du jeûne intermittent sur certaines pathologies, dont le cancer. Les premiers résultats sont à considérer avec prudence, car les études n’ont pas été réalisées sur des humains.

Il faut aussi garder en tête que les patients atteints de cancer sont plus à risque de dénutrition, un état pas compatible avec la pratique du jeûne intermittent, même si des études se penchent sur ses éventuelles répercussions positives sur les effets secondaires de la chimiothérapie.

 

Jeûne intermittent : d’autres critères de l’hygiène de vie comptent !

Au global, le jeûne intermittent n’est finalement pas supérieur à d’autres méthodes de restriction alimentaire pour perdre du poids. Il peut même s’avérer dangereux pour la santé s’il est trop radical, n’est pas suivi par une personne en bonne santé ou ne fait pas l’objet d’un suivi médical régulier. Dans tous les cas, si vous souhaitez l’essayer, parlez-en toujours avant avec un professionnel de santé, comme votre médecin traitant.

Et si vous cherchez à perdre du poids, tournez-vous en premier lieu vers les valeurs sûres :  une alimentation saine et équilibrée à chaque repas et une activité physique régulière.