Endométriose ou adénomyose : quelles différences ?

Image
endométriose
Body

Parfois confondues, l’endométriose et l’adénomyose sont pourtant deux pathologies gynécologiques bien distinctes, malgré leurs nombreux points communs. Explications.

 

Adénomyose : qu’est-ce que c’est ?

L’adénomyose est une anomalie fréquente et bénigne de la zone où l’endomètre (muqueuse utérine) rencontre le myomètre (muscle de la paroi utérine). Des cellules de l’endomètre infiltrent alors le myomètre, ce qui vaut à cette pathologie l’appellation injustifiée « d’endométriose interne à l’utérus ». L’adénomyose peut être superficielle (la zone peut s’épaissir jusqu’à 12 mm) ou profonde. Dans ce dernier cas, la maladie est douloureuse et devient invalidante.

 

Il existe 3 types d’adénomyose :

  • Diffuse : plusieurs foyers d’adénomyose s’étendent à différents endroits du myomètre.

  • Focale : quelques foyers sont situés sur le myomètre.

  • Externe : il s’agit dans ce cas d’endométriose pelvienne profonde qui a infiltré le myomètre.

 

On estime qu’entre 11 et 13% des femmes sont atteintes d’adénomyose en France (Association EndoFrance).

 

Les facteurs de risque de l’adénomyose

L’adénomyose est plus fréquente chez les femmes ayant été enceintes plusieurs fois, mais aussi chez celles ayant un endomètre particulièrement développé : on parle alors d’hyperplasie endométriale. En outre, 25% des cas d’adénomyose concernent des femmes âgées de plus de 40 ans, bien que de plus en plus de patientes plus jeunes en soient également atteintes. Chez les patientes plus âgées, l’adénomyose est considérée comme le vieillissement « normal » de l’utérus.

Un dernier facteur de risque connu est celui d’avoir, au cours d’une grossesse, subi une anomalie du placenta.

 

Adénomyose : quels sont ses symptômes ?

L’adénomyose est asymptomatique dans 2 cas sur 3. Quand elle ne l’est pas, ses symptômes sont :

  • Des pertes de sang abondantes pendant les règles (ménorragies), comme en cas d’endométriose. Elles s’expliquent par l’augmentation de la surface de l’endomètre, au point de former des microkystes composés d’endomètre.

  • Des saignements foncés en-dehors des règles (métrorragies), comme en cas d’endométriose ici encore. Il s’agit de l’élimination du sang contenu dans les microkystes.

  • Les douleurs plus ou moins sévères d’une patiente à l’autre comme en cas d’endométriose : elles sont provoquées par l’inflammation suscitée par ces saignements abondants successifs ou par la présence de fibromes utérins, favorisés par l’adénomyose. Elles peuvent être plus fortes pendant les règles, en-dehors, lors de rapports sexuels ou de la pratique d’un sport (en raison d’une compression abdominale et donc utérine).

  • L’utérus change d’aspect et de consistance car il finit par se gorger de sang.

  • L’infertilité, conséquence de la réaction inflammatoire, qui empêche l’implantation de l’embryon. Le risque d’arrêt naturel de grossesse (fausse couche) est également multiplié par 2 en cas d’adénomyose.

 

Endométriose : quelques rappels

L’endométriose se définit pour sa part par la présence de tissus semblables à l’endomètre en-dehors de la cavité utérine. Ces fragments de tissus subissent chaque mois les fluctuations hormonales du cycle menstruel, mais sur des organes inadaptés, ce qui peut provoquer d’intenses douleurs, des saignements abondants pendant les cycles et parfois en-dehors ; ainsi que divers troubles (intestinaux, urinaires, fatigue, infertilité…). Tous ces symptômes font de l’endométriose une maladie invalidante pour de nombreuses patientes (1 femme sur 10), d’autant plus que le délai entre l’apparition des symptômes et le diagnostic est encore long (7 ans en moyenne).

Les causes exactes de l’endométriose sont encore mal comprises à ce jour. Dans tous les cas, de nombreuses formes d’endométriose sont possibles, en fonction des zones touchées et des patientes elles-mêmes. 

 

Endométriose et adénomyose : quelles différences ?

Malgré de nombreuses similitudes, adénomyose et endométriose sont bien distinctes. Biologiquement parlant, d’abord : les mécanismes en jeu ne sont pas les mêmes. Leurs causes sont également différentes et mieux connues en ce qui concerne l’adénomyose.

Quant à leurs symptômes, ils peuvent contribuer à ce qu’on confonde ces deux pathologies. Néanmoins, l’endométriose entraîne davantage de troubles, en fonction de la zone où les cellules de l’endomètre ont migré (sur la vessie, un organe digestif…), tandis que l’adénomyose est exclusivement localisée au niveau de l’endomètre.

Enfin, et même si elles sont souvent associées, il est tout à fait possible de ne souffrir que de l’une ou de l’autre.

 

Adénomyose : quelle prise en charge ?

En présence d’un ou de plusieurs des symptômes mentionnés ci-dessus, prenez rendez-vous avec votre gynécologue. Ce dernier, après un examen clinique et vous avoir interrogée, pratiquera ou vous prescrira différents examens diagnostiques.

 

Comment diagnostiquer l’adénomyose ?

Pour diagnostiquer l’adénomyose, plusieurs examens d’imagerie sont nécessaires :

  • Une échographie (idéalement endovaginale) afin de vérifier si l’utérus a changé d’aspect et de visualiser l’inflammation et l’épaisseur du myomètre. Cet examen doit être effectué en 2e partie du cycle menstruel.

  • Une IRM pelvienne, réalisée dans un second temps, en cas de suspicion d’endométriose associée. Elle est pratiquée en dehors des règles.

  • Si vous souhaitez effectuer un bilan de fertilité, une hystéroscopie ou une hystérosalpingographie peuvent aussi être pratiquées.

 

Les traitements de l’adénomyose

Seules les patientes diagnostiquées et présentant des symptômes sont traitées. LE premier traitement possible est une embolisation des artères utérines. Cette intervention consiste à injecter de petites billes de gel au sein de ces artères, afin de diminuer l’intensité des saignements pendant les règles.

Si vous ne projetez pas d’être enceinte, le traitement consistera à diminuer les ménorragies et bloquer la stimulation hormonale des tissus de l’endomètre (le même traitement qu’en cas d’endométriose), par la prescription d’un traitement hormonal adapté.

Enfin, dernière option et la plus radicale : l’hystérectomie, autrement dit l’ablation de l’utérus. Elle n’est néanmoins pas suffisante en cas d’endométriose associée.