L’angine de poitrine, ou angor, le symptôme d’une pathologie cardiaque de fond

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L’angine de poitrine, ou angor, le symptôme d’une pathologie cardiaque de fond
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L'angine de poitrine ou angor est en réalité un symptôme révélateur d'une pathologie cardiaque. Laquelle et pourquoi ? Comment réagir et traiter l'angor ? Décryptage... 

 

Qu’est-ce qu’une angine de poitrine ou angor ?

L’angine de poitrine est un symptôme qui désigne une douleur thoracique apparaissant en général après un effort ou un épisode de stress chez des patients atteints de maladie coronarienne. La maladie coronarienne concerne plus de 1,5 million de personnes en France, selon l’Assurance maladie.

La maladie coronarienne touche, comme son nom l’indique, les artères coronaires : ces principaux vaisseaux sanguins irriguant le myocarde (muscle cardiaque). Les artères coronaires transportent notamment de l’oxygène, indispensable à la contraction du muscle. En cas de maladie coronarienne, les apports en oxygène sont insuffisants par rapport aux besoins du myocarde : ce dernier est donc en souffrance et l’angor apparaît.

 

Une forme plus rare : l’angor vasospastique

Dans le cas de l’angor vasospastique survenant dans un contexte tabagique, les douleurs sont dues à une contraction anormale et intermittente d’une artère coronaire. Cette dernière peut être saine ou subir la présence de plaques d’athérome. Dans l’angor vasospastique, les douleurs surviennent généralement au repos, la nuit ou au petit matin et surtout lors du tabagisme. Cette pathologie nécessite la mise en place d’un traitement de fond.

 

Quels sont les symptômes d’une angine de poitrine ?

Vous l’aurez compris, le principal symptôme (qui définit l’angine de poitrine) est la douleur thoracique, précisément située derrière le sternum. Cette douleur va irradier parfois jusqu’à l’estomac et est qualifiée de constrictive, c’est-à-dire qu’elle donne l’impression d’avoir le thorax pris dans un étau. La douleur survient pendant l’effort ou par temps froid (qui réduit le calibre des vaisseaux sanguins), mais aussi lors d’une vive émotion faisant battre le cœur plus vite et plus fort.

Cette douleur peut s’accompagner :

  • D’une forte angoisse ;

  • De palpitations ;

  • D’une gêne pour respirer.

 

Ces symptômes diminuent rapidement, jusqu’à disparaître en moins de 5 minutes. Dans certaines situations, l’angor devient une situation d’urgence médicale :

  • Si la douleur ne s’arrête pas au bout de 5 minutes, malgré le repos et la prise d’un médicament spécifique : la trinitrine (en cas d’angor déjà connu et pris en charge).

  • Si la douleur est inhabituelle et intense.

  • Si elle s’accompagne de symptômes tels que des nausées ou une sensation de malaise.

 

Face à l’une de ces situations, composez le 15 ou le 112 immédiatement. Et même si la douleur disparait, il ne faut pas minimiser vos symptômes et toujours consulter un cardiologue.

 

Les évolutions possibles de l’angine de poitrine

L’évolution et le niveau de gravité de l’angor dépendent du degré de la douleur : on parle alors d’angor stable et d’angor instable.

L’angor stable est également appelé syndrome coronarien chronique. Les douleurs sont espacées et gardent les mêmes caractéristiques au fil du temps, sans s’aggraver (conditions d’apparition, intensité, durée…). Un suivi cardiologique régulier  et un traitement médical sont évidemment indispensables, car l’angor stable peut évoluer progressivement vers une insuffisance cardiaque ou un angor instable, voire un infarctus.

On parle d’angor instable si :

  • La douleur est récente. Elle apparaît fréquemment depuis un mois.

  • Les crises durent plus de 20 minutes et régressent spontanément ou non après la prise de trinitrine.

  • L’angor initialement stable s’aggrave : les crises sont de plus en plus fréquentes ou surviennent lors d’efforts minimes voire au repos. Elles sont moins sensibles au traitement.

  • L’angor apparaît dans le mois suivant un infarctus du myocarde.

En cas d’angor instable, les risques d’infarctus sont bien présents. Une hospitalisation en service cardiologique est requise.

 

Quelles sont les causes de l’angine de poitrine ?

Plusieurs causes peuvent expliquer un angor, bien que l’une d’elles soit très largement majoritaire.

 

L’athérosclérose, la cause principale

Elle est responsable de 90% des cas d’angine de poitrine. L’athérosclérose se définit par la formation de plaques d’athérome, essentiellement composées de cholestérol, qui se déposent sur la paroi interne des artères. Des réactions inflammatoires se produisent alors, conduisant à l’épaississement de la paroi des artères concernées. L’angor apparaît lorsque le diamètre artériel est réduit d’au moins 70%. L’évolution des plaques est longue, mais peut provoquer une obstruction complète d’un vaisseau. En présence de plaques d’athérome, le cœur n’est plus suffisamment irrigué et ses apports en oxygène diminuent également : c’est la maladie coronarienne.  Celle-ci est souvent associée à d’autres localisations comme les plaques carotidiennes ou les anévrysmes de l’aorte

 

Les facteurs de risque sur lesquels vous pouvez agir

Les facteurs de risque de la maladie coronarienne (et donc de l’angor) peuvent être réduits voire évités :

  • Le tabac : rapidement, le tabagisme entraîne le rétrécissement, l’altération des artères et donc la formation de caillots. Des troubles du rythme cardiaque apparaissent également.  Le cannabis est associé à un risque encore plus élevé, car il facilite la pénétration des polluants dans l’arbre respiratoire

  • La sédentarité, autrement dit si vous pratiquez moins de 30 minutes d’activité physique par jour.

  • Le surpoids correspond à un indice de masse corporelle (IMC) supérieur à 25. S’il est supérieur à 30, on parle d’obésité. La graisse située autour de la paroi abdominale augmente d’autant plus les risques.

  • Le diabète de type 1 et de type 2 peut être favorisé par les facteurs de risque précédents. Les risques cardiovasculaires sont d’autant plus présents si le diabète est mal contrôlé, car le glucose en excès abîme la paroi des artères.

  • L’hypercholestérolémie correspond à un taux élevé de « mauvais cholestérol » (LDL cholestérol) dans le sang, également favorisé par les facteurs de risque précédents.

  • L’hypertension artérielle correspond à la pression exercée par le sang sur la paroi des artères. Elle est favorisée par le tabac, l’alcool, l’absence d’activité physique et le surpoids.

 

Des facteurs non modifiables

  • L’âge : le risque cardiovasculaire augmente après 50 ans chez l’homme et après 60 ans chez la femme.

  • Les antécédents familiaux : si votre père, votre mère, un frère ou une sœur a été atteint d’une maladie cardiovasculaire, vous présentez vous aussi plus de risques d’en subir une à votre tour, en particulier s’il s’agit d’un infarctus du myocarde qui aurait touché l’un de vos proches parents avant 55 ans pour un homme et avant 65 ans pour une femme. De même si l’un de ces proches a subi un accident vasculaire cérébral (AVC) avant l’âge de 45 ans.

 

Angine de poitrine : quelle prise en charge ?

En cas de symptômes d’angor, prenez rendez-vous rapidement avec votre médecin traitant ou votre cardiologue.

 

Un bilan médical et cardiaque complet pour diagnostiquer l’angor

Ce bilan se compose d’un certain nombre d’examens :

  • Un bilan sanguin, notamment pour contrôler l’hématologie, la glycémie, les lipides et les reins.

  • Un électrocardiogramme (ECG) au repos, pour regarder s’il existe des séquelles d’infarctus ou des modification pendant les douleurs. Un ECG de repos peut être normal malgré des rétrécissements des artères coronaires

  • Une échographie transthoracique de repos (imagerie par résonance magnétique), afin d’éliminer les autres causes de douleur, d’analyser les mouvements du cœur et de calculer la fraction d’éjection du ventricule gauche.

  • Une radiographie du thorax est prescrite si le médecin suspecte une maladie pulmonaire, comme une pneumonie.

  • Un coroscanner pour regarder d’une part l’existence de calcifications coronaires (score calcique) et d’autre part des rétrécissements des artères coronaires.

D’autres examens peuvent être prescrits en fonction des cas : ECG d’effort, échocardiographie d’effort ou de stress, scintigraphie, scanner coronaire avec injection de produit de contraste… Lorsque le diagnostic d’angor est posé, d’autres examens sont nécessaires pour en déterminer la cause : un bilan artériel complet permet de révéler les dépôts d’athérome.

 

Quels traitements en cas d’angine de poitrine ?

Deux traitements sont mis en place : un traitement de fond sur du long terme et un traitement pour gérer la crise douloureuse de l’angor.

  • Le traitement de fond consiste en la prise régulière de médicaments pour que le muscle du cœur soit mieux oxygéné. Ces médicaments sont des vasodilatateurs des artères coronaires et des bêta-bloquants. D’autres médicaments serviront la prévention de l’infarctus du myocarde : il s’agit d’un anti-thrombotique ou d’un anti-aggrégant (aspirine ou dérivés), obligatoirement associé à une statine (afin de baisser le cholestérol, mais aussi diminuer l’inflammation dans les artères).

Un autre aspect essentiel du traitement de fond sont les mesures hygiéno-diététiques à adopter : alimentation équilibrée, activité physique adaptée, arrêt du tabac, etc. Elles sont à suivre en parallèle d’une réadaptation cardiaque, en lien avec plusieurs professionnels de santé, dont votre cardiologue et votre médecin traitant. Le but du traitement est de permettre une diminution des évènements (infarctus, AVC…).

  • Le traitement de la crise douloureuse consiste en la prise de trinitrine, laquelle entraîne notamment une dilatation des artères. La trinitrine se prend sous forme de comprimés sublinguaux ou de spray buccal. Le soulagement est quasiment immédiat. Une seconde prise est possible si vous ne vous sentez pas mieux après 5 minutes. Si la douleur est toujours présente après cette dernière dose, composez le 15 ou le 112. Des effets secondaires à la prise de trinitrine sont possibles : maux de tête, chute de la tension artérielle, vertiges (si c’est le cas, n’hésitez pas à vous asseoir ou vous allonger), rougeurs et bouffées de chaleur.  Attention, ce traitement n’est que suspensif et ne doit pas vous pousser à différer votre prise en charge médicale

 

Chirurgie cardiaque ou intervention per cutanée ?

Chez ces patients, une coronarographie est réalisée. Pratiqué dans un bloc de cardiologie interventionnelle, l’examen permet de repérer les zones rétrécies des artères. Il peut être complété par une angioplastie avec pose de stents : cette intervention consiste à introduire un ballonnet au niveau de la lésion afin de modifier sa structure, puis d’installer un stent (dispositif métallique sous forme de ressort introduit dans une artère afin de la dilater).

Une autre possibilité d’intervention est le pontage coronarien ou aortocoronarien.