
Bien qu’ils soient bénins, les polypes présents dans le côlon ou le rectum ne sont surtout pas à prendre à la légère. Explications.
Polypes dans le côlon : qu’est-ce que c’est ?
Également appelés polypes colorectaux, ces polypes sont des lésions qui se développent sur la muqueuse du côlon ou du rectum. Leur taille et forme des sont variables : ronds, en forme de champignon, légèrement en relief ou former un ulcère (un creux) dans la muqueuse.
Quels sont les différents types de polypes du côlon ?
Les polypes sont classés selon différents types, en fonction de la nature des cellules qui les composent :
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Les polypes adénomateux sont les plus fréquents (2/3 des polypes) : ils sont caractérisés par une prolifération des cellules des glandes de la muqueuse du colon et du rectum. De différentes formes, classés en fonction du nombre d’anomalies annonciatrices des cellules (on appelle cela le degré de dysplasie), ils peuvent évoluer vers un cancer. La surveillance après ablation est indispensable en raison du risque de récidive.
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Les polypes festonnés ou dentelés sont des polypes adénomateux mais dont l’aspect apparaît « festonné » lors de leur analyse au microscope. Aussi à risque de cancer colorectal, ils nécessitent une surveillance rapprochée.
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Plus rares, les polypes hamartomateux sont définis par une croissance excessive des cellules normales, mais qui entraînent une désorganisation au sein de la structure de la muqueuse.
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Les polypes hyperplasiques correspondent à une augmentation du volume de glandes situées à l’intérieur de la muqueuse colorectale. Même s’ils représentent rarement un risque de cancer, une surveillance médicale est nécessaire après leur ablation, en fonction de leur taille et de leur localisation.
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Un cas particulier sont les pseudo-polypes, lesquels résultent de l’inflammation et de la cicatrisation chroniques de la muqueuse en cas de maladie inflammatoire chronique intestinale (MICI). Le risque de cancer colorectal est avéré après plusieurs années d’évolution, justifiant une surveillance par coloscopie.
Les facteurs de risque de polypes du côlon et du rectum
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Votre âge : le risque de polypes augmente en vieillissant.
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Vos antécédents familiaux : si l’un de vos parents proches (père, mère, frère ou sœur) en a eu auparavant. On parle alors de polypose familiale. Deux formes de cette maladie héréditaire existent : l’une donne lieu au développement d’une centaine de polypes adénomateux précancéreux au niveau du gros intestin et du rectum durant l’enfance ou l’adolescence. Sans prise en charge, cette pathologie évolue vers un cancer colorectal vers l’âge de 40 ans. L’autre forme de polypose familiale se caractérise par la présence de très nombreux polypes hamartomateux dès l’enfance au niveau du côlon et/ou du rectum.
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Vos antécédents médicaux : si vous avez déjà eu des polypes ou avez été atteint d’un cancer colorectal, le risque de récidive est important.
Polype colorectal : quels sont les symptômes ?
Les polypes colorectaux sont le plus souvent asymptomatiques. Dans certains cas toutefois, certains symptômes digestifs peuvent signaler la présence de polypes :
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La présence de sang rouge ou noir dans les selles ;
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Des troubles intestinaux : constipation, douleurs abdominales ;
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Des saignements digestifs invisibles mais détectés à la suite d’un bilan effectué pour rechercher la cause d’une anémie liée à une carence en fer.
Polypes colorectaux : quelle prise en charge ?
La découverte des polypes a souvent lieu en même temps que le dépistage. Mais si vous subissez l’un ou plusieurs des symptômes énumérés plus haut, consultez rapidement votre médecin traitant ou votre gastro-entérologue.
L’importance du dépistage
Les polypes colorectaux peuvent être diagnostiqués lors d’une coloscopie qui peut être réalisée :
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À la suite d’un dépistage du cancer colorectal, dont le test aurait montré la présence de sang dans les selles.
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Dans le cadre de la surveillance effectuée en présence d’une MICI, d’une maladie cœliaque (intolérance au gluten) ou d’une polypose familiale.
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En cas de détection individuelle spécifique s’il existe un risque élevé de cancer colorectal.
Les examens de diagnostic
La coloscopie est l’examen de référence pour diagnostiquer mais aussi analyser et traiter les polypes colorectaux. Il nécessite une préparation plusieurs jours avant l’examen :
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Un régime sans résidus qui doit être commencé 3 jours avant la coloscopie.
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La prise en plusieurs fois d’un produit de préparation permettant d’effectuer un lavement intestinal.
Si la coloscopie ne peut pas être réalisée, d’autres examens de diagnostic (et uniquement de diagnostic, non pour retirer ou traiter les polypes) sont possibles : une coloscopie virtuelle par scanner (mais qui nécessite la même préparation que la coloscopie) ou une vidéocapsule intestinale.
Polypes dans le côlon : comment les retire-t-on ?
L’ablation des polypes est réalisée lors de la coloscopie. Trois techniques sont possibles :
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La polypectomie à l’anse froide ou chaude. L’anse est placée le plus près possible de la paroi du côlon afin de retirer complètement chaque polype. Du courant électrique sans haute fréquence est utilisé en parallèle à travers elle pour éviter tout saignement.
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La mucosectomie : une injection sous-muqueuse de sérum physiologique est d’abord effectuée afin de décoller le polype de la paroi et ainsi de le retirer plus facilement.
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La dissection sous-muqueuse : une même injection de sérum physiologique est réalisée sous la muqueuse. Puis, une dissection du polype est effectuée. Cette technique est réservée aux polypes profondément insérés dans la muqueuse.
Les polypes retirés sont ensuite analysés afin de définir leur nature et vérifier ou pas la présence de cellules cancéreuses.
Une intervention chirurgicale est également possible pour retirer les polypes si :
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La coloscopie a révélé une infiltration profonde des polypes dans la paroi du côlon et/ou du rectum.
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L’analyse des polypes retirés lors de la coloscopie a révélé des facteurs de gravité augmentant le risque que les ganglions lymphatiques soient également atteints.
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Les polypes sont trop volumineux pour être retirés lors de la coloscopie.
Une hospitalisation de quelques jours est dans ce cas nécessaire pour retirer la portion du côlon et/ou du rectum où les polypes sont implantés. Les deux extrémités sont ensuite recousues pour reformer le tube digestif. La portion de côlon retirée ainsi que le(s) polype(s) sont tous deux analysés.
Après le retrait des polypes dans le côlon, surveillance obligatoire !
La surveillance est indispensable si l’on vous a retiré des polypes à risque d’évoluer en cancer colorectal. En effet, les risques de récidive sont élevés dans les années qui suivent l’ablation des polypes. Ainsi, les polypes adénomateux réapparaissent dans un tiers des cas. La surveillance permet donc de retirer les nouveaux polypes précocement.
Les recommandations préconisent en cas d’ablation de polypes adénomateux à haut risque, une coloscopie de surveillance tous les 5 ans, puis tous les 3 ans en cas de récidive.