Qu’est-ce que le syndrome des ovaires polykystiques, ou SOPK ?

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Le syndrome des ovaires polykystiques est une maladie hormonale très fréquente chez les femmes. Encore méconnue, elle a pourtant des conséquences diverses sur la vie des patientes, à commencer par l’infertilité.

 

Syndrome des ovaires polykystiques : de quoi s’agit-il ?

Le SOPK est la maladie hormonale la plus fréquente chez les femmes en âge de procréer : une femme sur 10 est concernée, d’après l’Inserm. Il est dû à un dérèglement hormonal provenant des ovaires et de l’hypophyse, cette glande située au niveau du cerveau. Résultat : la production des hormones androgènes, également appelées hormones masculines, comme la testostérone, est anormalement élevée.

 

SOPK : quelles sont les causes possibles ?

Les causes à l’origine du dérèglement hormonal responsable du syndrome des ovaires polykystiques ne sont pas clairement identifiées à ce jour. Elles sont probablement multifactorielles :

  • Génétique et épigénétique : une vingtaine de gènes prédisposant au SOPK ont été identifiés. En outre, une prédisposition familiale augmente d’autant plus les risques.

  • Environnementale : l’exposition à des perturbateurs endocriniens est fortement suspectée, mais sans preuve formelle à ce jour.

  • Obésité : l’excès d’insuline provoqué par cette pathologie favorise l’augmentation des androgènes et la dysovulation (ovulation irrégulière) qui fait partie des symptômes du SOPK.

 

SOPK : des risques de complications existent

Les symptômes du SOPK varient au fil du temps. Au fil des années, des complications peuvent apparaître, comme :

  • Le surpoids, favorisé par l’hypersécrétion des androgènes par les ovaires.

  • Une insulinorésistance : l’insuline, normalement sécrétée par le pancréas, est peu active.

  • Les risques de syndrome métabolique : en cas d’obésité abdominale associée à un taux élevé de triglycérides et un faible taux de cholestérol HDL, une hypertension et/ou un diabète de type 2. La présence d’un syndrome métabolique augmente les risques de maladies cardiovasculaires.

  • L’infertilité : le SOPK est d’ailleurs la première cause d’infertilité féminine. En cas de syndrome des ovaires polykystiques, l’ovulation est perturbée : elle est irrégulière voire n’a pas lieu durant certains cycles.

  • En cas de grossesse, cette dernière a plus de risques de subir des complications : diabète gestationnel, prééclampsie et accouchement prématuré.

  • Enfin, le SOPK augmente les risques de cancer de l’endomètre, en particulier en cas de dysovulation.

 

Quels sont les symptômes du syndrome des ovaires polykystiques ?

Les symptômes du SOPK sont très variables d’une femme à l’autre et plus ou moins prononcés. C’est notamment le cas en présence de surpoids :

  • Troubles de l’ovulation ou dysovulation. Les cycles menstruels sont plus longs que la normale (35 à 40 jours) ou il peut même ne pas y avoir de règles (aménorrhée).

  • L’infertilité. Une grossesse reste tout de même possible de manière spontanée.

  • L’hyperandrogénie, résultat de l’excès de testostérone. Elle se traduit par une hyperpilosité (70% des patientes), de l’acné et une chute de cheveux (alopécie).

  • Le syndrome métabolique, à la fois symptôme et complication du SOPK.

 

La prise en charge du syndrome des ovaires polykystiques

Vous soupçonnez être atteinte du SOPK ? Prenez rendez-vous avec votre gynécologue afin qu’il puisse vous examiner et poser le diagnostic.

 

Les examens pour diagnostiquer le SOPK

L’examen incontournable du diagnostic de SOPK est le bilan sanguin, plus précisément un bilan hormonal entre le 2e et le 5e jour du cycle menstruel. Pour pouvoir réaliser ce bilan chez les patientes qui n’ont plus de règles, celles-ci sont d’abord provoquées par un traitement à base de progestérone, à prendre pendant 10 jours.

Plusieurs dosages sont effectués lors du bilan hormonal :

  • L’hormone folliculo-stimulante (FSH) et l’hormone lutéinisante (LH) : ces deux hormones sont produites par l’hypophyse. Elles sont en charge de la production hormonale des ovaires et du cycle menstruel. Normalement, le taux de LH est inférieur au taux de FSH durant l’ovulation. En cas de SOPK, ces deux taux varient peu durant tout le cycle.

  • Les androgènes et en particulier les taux de testostérone, d’androsténedione et de sulfate de déhydroépiandrostérone (SDHA). En cas de SOPK, tous ces dosages sont élevés.

Un bilan métabolique sanguin complète le bilan hormonal : un dosage de la glycémie est révélateur car il est élevé en cas de SOPK. Un dosage du cholestérol et des triglycérides est également effectué.

Autre examen pouvant faire partie du diagnostic, mais pas systématique : l’échographie abdominopelvienne transvaginale, réalisée en début de cycle. Elle permet de mettre en évidence l’augmentation du volume des ovaires, ainsi que de nombreux petits follicules (une vingtaine, en moyenne) immatures. Cet examen n’est pas recommandé chez les adolescentes.

 

SOPK : des traitements contre les symptômes

Il n’existe pas de traitement à l’heure actuelle pour guérir le SOPK. Les traitements prescrits consistent uniquement à réduire les symptômes jusqu’à la ménopause. La modification de l’hygiène de vie compte également, d’autant plus en cas de surpoids : alimentation équilibrée et activité physique régulière en particulier, ont de nombreux effets bénéfiques sur les symptômes du SOPK. 
Pour réduire les symptômes liés à l’hyperandrogénie, une pilule oestroprogestative est prescrite. Ce moyen de contraception permet de diminuer le taux d’androgènes, de réguler les cycles menstruels, de réduire l’acné, l’hyperpilosité et l’alopécie. 
En parallèle de ces traitements, les patientes souffrant de SOPK bénéficient d’un suivi médical régulier afin de surveiller leurs taux de glycémie, de cholestérol ainsi que leur tension artérielle. 
Enfin, en cas d’infertilité, plusieurs options sont possibles :

  • La stimulation ovarienne consiste, comme son nom l’indique, à stimuler l’ovulation par la prise de médicaments spécifiques.

  • La chirurgie ovarienne par « drilling » : il s’agit d’une intervention sous coelioscopie qui consiste à effectuer des micro-perforations dans la couche superficielle des ovaires. Objectif ? Obtenir une ovulation normale et une grossesse spontanée.

  • La fécondation in vitro, technique de procréation médicalement assistée (PMA). Elle est proposée en dernier recours aux patientes atteintes de SOPK et souffrant d’infertilité.

 

SOPK : où en est la recherche ?

Au cœur de la recherche, les scientifiques cherchent en priorité à comprendre l’origine du dérèglement hormonal qui provoque le syndrome des ovaires polykystiques.
La principale piste de recherche à l’heure actuelle cible les troubles hormonaux in utero, plus particulièrement liés à une surexposition à l’hormone antimüllérienne (AMH) dans un modèle de souris. Celle-ci pourrait expliquer la transmission de la maladie mais également entraîner des anomalies de développement de certains neurones présents au sein de l’hypophyse. 

D’autres travaux de recherche s’attachent de leur côté à mieux comprendre le lien entre SOPK et syndrome métabolique. Les premiers travaux laissent à penser que l’origine pourrait ici aussi remonter à la vie intra-utérine. 

Enfin, les scientifiques travaillent sur des traitements capables de résoudre l’ensemble des complications du SOPK en ciblant l’origine du problème et non les symptômes, contrairement aux traitements actuels. Les premiers tests, au stade d’essais précliniques, ont révélé des résultats prometteurs.