
Le testicule non descendu est une anomalie de l’appareil génital masculin qui peut se détecter dès la naissance. Elle doit être traitée dès que possible pour éviter les complications.
Testicule non descendu ou cryptorchidie : c’est quoi ?
La cryptorchidie se définit par un testicule qui ne migre pas normalement de l’abdomen vers les bourses durant la vie fœtale. D’où l’appellation de testicule non descendu. Autrement dit, l’une des bourses est vide, parfois les deux. Le testicule est néanmoins présent, mais plus ou moins haut entre l’abdomen et le scrotum.
Cette anomalie de l’appareil génital masculin concerne 1% des enfants de 6 mois. Dans la grande majorité des cas, un seul testicule est concerné.
La cryptorchidie : à ne pas confondre avec deux autres anomalies
Trois anomalies de l’appareil génital masculin (dont la cryptorchidie) ont des points communs et peuvent donc être confondues. Mais elles sont pourtant bien distinctes :
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L’ectopie testiculaire : le testicule est absent des bourses, mais contrairement à la cryptorchidie, il est situé en dehors de son trajet de migration normal.
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Le testicule oscillant ou testicule ascenseur : cette anomalie se définit par un testicule qui a tendance à remonter en haut de la bourse ou au niveau de l’aine lorsque le muscle qui recouvre les testicules (le crémaster) se contracte. Une simple palpation suffit à faire descendre le testicule concerné. Cette anomalie n’est pas présente à la naissance et disparaît à la puberté.
Testicule non descendu : quels facteurs de risque ?
Plusieurs hypothèses ont été mises en avant par les scientifiques sur les origines de cette anomalie. Première d’entre elles : un trouble hormonal survenu pendant la grossesse. Et plus précisément, une production insuffisante d’androgènes (hormones masculines) et/ou une surexposition aux œstrogènes (hormones féminines). Ce trouble hormonal pourrait être favorisé par l’exposition à certains perturbateurs endocriniens.
Plusieurs autres facteurs de risque existent :
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La prématurité : d’après l’Assurance maladie, la cryptorchidie touche 20 à 30% des bébés garçons prématurés contre 2 à 4% des nourrissons nés à terme. Et plus la prématurité est grande, plus le risque est important.
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Une prédisposition familiale : si d’autres anomalies urogénitales sont présentes chez le père ou les frères.
Quelles sont les complications possibles d’une cryptorchidie ?
Tout d’abord, rassurez-vous ! Dans la plupart des cas, le testicule non descendu trouve naturellement sa place dans le scrotum au cours des 3 à 6 premiers mois et même jusqu’à un an. Mais passé ce délai, et en l’absence de traitement, des complications peuvent apparaître et qui sont évitées par une bonne prise en charge :
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L’infertilité masculine : s’il n’est pas dans la bourse, le testicule ne bénéficie pas de la température adéquate pour fabriquer les spermatozoïdes correctement (33-34°C). Ces derniers peuvent être absents, anormaux ou en faible quantité.
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Le cancer du testicule. La cryptorchidie en augmente les risques, d’autant plus que le testicule étant absent de la bourse, il ne peut pas être palpé pour diagnostiquer une tumeur. Ce qui rend la prise en charge plus difficile.
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Un traumatisme du testicule peut survenir plus facilement, notamment par une simple pression au niveau de l’aine si le testicule s’y trouve.
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Une torsion du testicule ou plus précisément une torsion du cordon spermatique. Le flux de sang est alors interrompu et le testicule risque d’être détruit : c’est une urgence médicale.
Cryptorchidie : quelle prise en charge ?
Cette anomalie est diagnostiquée juste après la naissance, lors de l’examen médical systématique du nouveau-né effectué par le pédiatre de la maternité. Elle peut également être dépistée plus tardivement. Une surveillance médicale régulière doit alors être mise en place.
La surveillance du testicule non descendu
Votre pédiatre ou médecin traitant examine les bourses de votre petit garçon durant ses 6 premiers mois de vie, lors de chacun de ses examens de suivi. L’examen consiste en une palpation qui ne peut avoir lieu que si votre enfant est calme, allongé sur le dos et les cuisses légèrement fléchies. À partir de 6 mois, il peut être assis en tailleur. Cette palpation permet au médecin de localiser le testicule non descendu. Ce dernier peut se trouver :
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Juste au-dessus de la bourse : c’est la position supra-crotale.
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Dans l’aine : c’est la position inguinale qui concerne 60% des cas de cryptorchidie, d’après l’Assurance maladie.
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Dans l’abdomen : dans ce cas, le testicule n’est pas palpable et des examens complémentaires sont nécessaires pour le localiser.
Si le testicule est palpable, le médecin évalue sa taille et sa consistance. Il arrive qu’il soit de petite taille et anormal : on parle alors de testicule atrophique. D’autres anomalies sont recherchées lors de cet examen :
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Une ouverture de l’urètre située au niveau de la face intérieure de la verge et non à son extrémité : c’est un hypospadias.
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Un pénis de petite taille ou micropénis.
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Une hernie inguinale : une grosseur dans l’aine causée par des éléments du contenu de l’abdomen sortent de leur emplacement habituel.
Des examens complémentaires dans certains cas
Si la cryptorchidie ne concerne qu’un seul testicule et que ce dernier est palpable, aucun examen complémentaire n’est nécessaire. En cas d’anomalie et d’une cryptorchidie bilatérale (les deux testicules ne sont pas descendus) ou d’un testicule non palpable, d’autres examens peuvent être prescrits :
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Une échographie abdominale pour localiser le testicule.
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Un caryotype et un bilan sanguin hormonal pour rechercher une anomalie héréditaire.
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Une coelioscopie pour explorer la cavité abdominale et préciser la localisation ainsi que l’état du testicule.
Testicule non descendu : la chirurgie comme traitement incontournable
Une intervention chirurgicale est indispensable pour traiter la cryptorchidie : l’orchidopexie. Elle permet de descendre le testicule dans la bourse et de l’y fixer. Cette opération sera en général effectuée entre un et 2 ans. Elle permet de limiter les risques liés à la cryptorchidie. Une consultation d’anesthésie a lieu quelques jours avant l’intervention. Cette dernière se déroule en ambulatoire et sous anesthésie générale.
Si le testicule est palpable, deux petites incisions sont pratiquées au niveau de l’aine et au niveau de la partie haute de la bourse. Le cordon spermatique qui maintenait le testicule en position haute est alors libéré. Le testicule peut ensuite être descendu dans la bourse et fixé au scrotum afin qu’il ne remonte pas.
Si le testicule est dans l’abdomen, une intervention sous coelioscopie est nécessaire. Elle permet d’abord de vérifier la taille, la consistance et la localisation du testicule. Puis, de le positionner correctement, s’il n’est pas atrophique. Dans ce cas, il est retiré.
Après l’intervention, la surveillance de votre enfant est requise : vous pouvez vous-même palper ses testicules lors du change ou du bain par exemple, afin de vous assurer qu’ils sont toujours en place et de consistance similaire. Dès la puberté, il pourra effectuer lui-même cette palpation. C’est en outre, le meilleur moyen de d’identifier précocement un éventuel cancer des testicules comme l’autopalpation chez la femme pour le cancer du sein.
