
Le taux de cholestérol inquiète souvent lorsqu’il est élevé dans des résultats d’analyse de sang. Mais dans certains cas, cette inquiétude n’est pas fondée. Rappels sur ce que sont le « bon » et le « mauvais » cholestérols et comment bien les interpréter dans le cadre d’une prise de sang.
Cholestérol : quelques rappels de base
Le cholestérol est une molécule qui fait partie de la famille des lipides. S’il a mauvaise réputation, le cholestérol joue néanmoins des rôles essentiels au bon fonctionnement de notre organisme. En particulier, le « bon » cholestérol, ou HDL-cholestérol, permet un bon fonctionnement cellulaire. Il n’est donc pas associé à un risque cardiovasculaire.
Pourquoi faire une prise de sang pour évaluer votre taux de cholestérol ?
Quand on a beaucoup de cholestérol, cela ne se voit pas. A l’exception de rares cas de maladies génétiques en lien avec le cholestérol, cela ne cause aucun symptôme. Avec l’âge pourtant, notre risque cardiovasculaire évolue et l’excès de mauvais cholestérol multiplie le risque de décès et de maladies cardiovasculaires, d’autant plus quand il est associé à d’autres facteurs comme l’hypertension (le « tueur silencieux » des cardiologues), le tabagisme (même minime) et le diabète. Il faut donc doser régulièrement son cholestérol, surtout passé 50 ans, si l’on présente des facteurs de risque ou des antécédents de maladie cardiovasculaire avant 55 ans dans sa famille : parent, frère, sœur ou enfant.
Votre médecin vous a prescrit un bilan lipidique ou une exploration d’une anomalie lipidique ? Cela signifie qu’il veut vérifier votre taux de lipides (cholestérol et/ou triglycérides). Ce bilan vous est d’autant plus prescrit si vous présentez certains facteurs de risque :
• Surpoids ou obésité ;
• Pathologie cardiovasculaire ;
• Diabète ;
• Insuffisance rénale ;
• Maladie auto-immune comme la polyarthrite rhumatoïde ;
• Maladie inflammatoire chronique telle que la rectocolite hémorragique ;
• Tabagisme ;
• Antécédents familiaux de maladie cardiovasculaire ou d’anomalie lipidique.
En l’absence de facteurs de risque, l’analyse de votre taux de cholestérol est automatiquement prescrite à partir de 40 ans chez les hommes et de 50 ans chez les femmes. Pour ces dernières, cet examen est également prescrit quel que soit l’âge, avant de commencer une contraception hormonale.
Avant la prise de sang
Vous devez être à jeun au moins 12 heures avant votre prise de sang. En revanche, vous pouvez boire de l’eau et prendre vos médicaments habituels.
Cholestérol : bien comprendre votre analyse de sang et votre bilan lipidique
Le bilan lipidique comprend :
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Le dosage de cholestérol total : l’ensemble des formes de cholestérol contenues dans votre sang, sans distinction entre cholestérol-HDL et cholestérol-LDL.
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L’exploration d’une anomalie lipidique : sur la base du cholestérol total, le dosage de cholestérol-HDL et de triglycérides est calculé.
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Le dosage de cholestérol-LDL est calculé selon une formule particulière : la formule de Friedewald. A noter que seul le taux de cholestérol LDL, et donc le cholestérol total, sont associés à un risque cardiovasculaire. C’est pourquoi il est essentiel de bien les mesurer.
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Cas particulier : les apoliprotéines. Elles sont présentes dans le cholestérol-HDL et LDL car elles servent à les transporter au sein de l’organisme. Le dosage des apoliprotéines n’est pas systématique : il est recommandé en cas de maladie génétique responsable d’un excès de cholestérol-LDL ou si ce dernier est très élevé. Ce dosage permet de vérifier la présence d’un risque cardiovasculaire chez les patients concernés. Attention, certains dosages ne sont que partiellement remboursés en France. Notez que ces taux n’évoluent pas, ni avec les traitements ni avec l’âge, ils n’ont donc besoin d’être mesurés qu’une seule fois au cours de la vie.
Bilan lipidique : quels sont les taux de cholestérol recommandés ?
Ces taux diffèrent en fonction de chaque patient et de ses risques cardiovasculaires donc votre médecin doit vous en analyser les résultats. Mais en l’absence de tout facteur de risque, les taux sont considérés comme normaux en France quand :
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Le cholestérol total est inférieur à 2 g par litre de sang ;
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Le LDL-cholestérol est inférieur à 1,6 g/L ;
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Le HDL-cholestérol est supérieur à 0,4 g/L ;
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Les triglycérides sont inférieurs à 1,5 g/L.
Quelles peuvent être les anomalies de cholestérol dans votre analyse de sang ?
Différentes anomalies sont possibles :
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Le LDL-cholestérol peut être supérieur à la normale. il s’agit d’une hypercholestérolémie.
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Le taux de triglycérides peut être anormalement élevé : on parle alors d’hypertriglycéridémie. Le risque cardiovasculaire associé est faible si isolé, en revanche, cela expose à un risque de foie gras, entre autres.
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Si le cholestérol et les triglycérides sont tous deux élevés, il s’agit d’une dyslipidémie mixte.
Cholestérol anormal : quels traitements possibles ?
Le premier traitement pour faire baisser votre taux de cholestérol et de triglycérides concerne votre hygiène de vie :
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Adoptez une alimentation équilibrée et variée, en supprimant les aliments gras, riches, entre autres.
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Pratiquez une activité physique régulière d’au moins 30 minutes par jour 3 fois par semaine au minimum, et idéalement tous les jours.
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Si vous fumez, il est vivement recommandé d’arrêter et de ne pas vous exposer au tabagisme passif.
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Il convient enfin de prendre en charge vos autres facteurs de risques.
En fonction de vos antécédents médicaux et de vos risques cardiovasculaires, un autre traitement pourra vous être prescrit par votre médecin traitant en vue de faire baisser votre taux de LDL-cholestérol et/ou de triglycérides.
En cas de dyslipidémie, Une cause éventuelle doit être recherchée. Cela peut être lié à la présence d’une pathologie associée comme l’hypothyroïdie ou l’insuffisance rénale. Dans ce cas, c’est le traitement existant de la maladie qui est modifié par votre médecin, de manière à faire baisser vos taux de cholestérol-LDL et de triglycérides.
Sans pathologie associée et si la modification de l’hygiène de vie ne suffit pas, un traitement médicamenteux d’hypolipémiants vous est prescrit. Les traitements validés dans la prise en charge de l’hypercholestérolémie LDL ont démontré une réduction de celle-ci mais surtout des évènements cardiovasculaires (décès, pose de stent dans les artères…). L’objectif qui vous sera fixé par votre médecin dépendra de vos pathologies, de votre histoire et de vos facteurs de risques associés. Des effets secondaires, comme les crampes et les douleurs musculaires, sont possibles mais, le plus souvent, un changement de traitement suffit à les faire disparaitre. Si cela vous arrive, prévenez votre médecin mais n’arrêtez jamais votre traitement par vous-même.
De façon générale, suivi médical régulier avec votre médecin traitant pour suivre l’évolution de votre taux de cholestérol doit être mis en place. En plus des consultations, ce suivi comprend les bilans sanguins et la surveillance de votre tension artérielle.