Brûlures, cicatrices… En quoi consiste la chirurgie réparatrice des séquelles d’accident ?

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chirurgie réparatrice
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Certains graves accidents nécessitent de passer par la case chirurgie réparatrice. Mais qu’est-ce que cela implique exactement ? Présentation des principales techniques dans cet article.

 

Qu’est-ce que la chirurgie réparatrice des séquelles d’accident ?

La chirurgie réparatrice se distingue de la chirurgie esthétique parce qu’elle aide à réparer des traumatismes corporels. Plus largement, elle est recommandée dès lors que l’intégrité physique est touchée. La chirurgie réparatrice a vu le jour après la Première Guerre mondiale, au cours de laquelle de nombreux soldats furent défigurés au combat.
De nos jours, la chirurgie réparatrice est le plus souvent sollicitée après un accident de la route, un incendie ou encore une agression, ou une maladie (reconstruction mammaire après une mastectomie, notamment). Toutes les parties du corps peuvent être concernées.

 

Pourquoi la chirurgie réparatrice est-elle recommandée ?

Dans certains cas, elle est même indispensable voire vitale. Après un grave accident de la route ou un incendie par exemple, il est en effet urgent de reconstituer la barrière cutanée de la victime. 
Hors cas d’urgence vitale, la chirurgie réparatrice s’impose pour réparer les lésions cicatricielles importantes (par exemple, en cas d’escarres sévères ou à la suite du retrait d’une partie de la peau) et ainsi de rétablir ou améliorer les fonctions de la zone concernée. Tout cela permet en outre de retrouver une meilleure image de soi, un aspect capital pour se reconstruire après un traumatisme.

 

Les différentes techniques de chirurgie réparatrice des séquelles d’accident

Les techniques utilisées sont choisies par le chirurgien et adaptées au cas par cas, en fonction du type d’accident en cause et du type de lésion.

 

La greffe cutanée ou greffe de peau

Plusieurs sous-techniques de greffe de peau existent, selon le type de lésion en présence : greffe en pastille, greffe de peau mince, greffe de peau épaisse ou encore greffe de peau totale… Elles se distinguent en fonction des tailles et des couches de la peau qui sont à restaurer. Dans tous les cas, le but de l’intervention est de prélever de la peau sur une autre zone du corps saine. Une fois greffée, la peau est suturée et reconstruite, permettant de réduire les traces visibles après l’opération, bien que la peau greffée puisse avoir un aspect différent de la peau d’origine. 

 

La greffe tissulaire

Une greffe tissulaire peut consister à greffer du cartilage, des os ou encore des nerfs, grâce à de la microchirurgie. L’intervention est délicate et exige une grande précision. Le tissu « donneur » doit d’abord être isolé de manière à s’intégrer aussi normalement que possible au sein de la zone receveuse. Le tissu est généralement suturé sous microscope, avec du fil très fin. De nombreux enjeux entourent cette opération, comme la revascularisation, notamment.

 

La reconstruction par lambeau

La reconstruction par lambeau se compose elle aussi de plusieurs sous-techniques. Un lambeau est un fragment de tissu (de peau, de muscle, d’os…) qui va servir à recouvrir la perte d’un autre tissu. Le lambeau peut être prélevé à proximité de la zone concernée (on parle de lambeau local ou locorégional) comme à distance. Dans ce cas, le lambeau est prélevé avec de petits vaisseaux (appelés pédicules) qui seront reliés sous microscope à d’autres vaisseaux au niveau de la zone à reconstruire. Là encore, il s’agit d’une intervention délicate.

 

Le derme artificiel

Le derme est la deuxième couche constitutive de la peau, située entre le derme et l’hypoderme. Elle est épaisse et principalement formée de collagène et d’élastine. Le derme est également constitué de terminaisons nerveuses, de vaisseaux sanguins, de glandes sudoripares (qui produisent la sueur) et sébacées (qui produisent le sébum) et de follicules pileux (poils, cheveux). C’est le derme qui donne à la peau sa résistance et son élasticité.


Certains accidents provoquent malheureusement la destruction complète du derme. C’est dans ce cas que la reconstruction d’un derme artificiel prend tout son sens, en particulier pour des zones fonctionnelles comme les mains ou encore le visage. 
Le derme artificiel provient de « matrices » riches en collagène d’origine animale (bovins ou porcs) qui, une fois greffées, se modifient biologiquement jusqu’à devenir les plus semblables possible au derme humain (on parle de vascularisation du collagène). Ce phénomène s’effectue grâce à différents phénomènes naturels et spontanés, comme l’inflammation. Objectif : être toléré par l’organisme du receveur. Et pour cela, avant d’intégrer le derme artificiel, les professionnels de santé s’assurent qu’il n’y a aucun risque d’infection au niveau de la zone à traiter. En fonction de l’épaisseur du derme artificiel utilisé, une greffe de peau mince est associée.

 

L’expansion cutanée ou expandeurs

Cette technique réparatrice a pour but d’augmenter la surface cutanée afin d’enlever ou remplacer une zone de peau lésée ou brûlée. C’est la capacité de la peau à se distendre qui est utilisée. Cette distension s’effectue à la suite d’une pression lente et progressive, comme durant la grossesse. Pour y arriver, des expandeurs sont utilisés : ils se présentent sous forme de ballons en silicone vides, à implanter sous la peau. Ces ballons sont reliés à une valve afin d’être ensuite remplis progressivement par du sérum physiologique, une fois mis en place. 
La forme et la taille des expandeurs sont choisies par le chirurgien, en fonction de la taille de la lésion à retirer et de sa localisation.
L’expansion cutanée s’effectue en deux interventions : l’une pour installer le dispositif et la seconde pour le retirer et procéder à la reconstruction, une fois le remplissage de l’expandeur effectué. Ce dernier ne peut pas être obtenu en une fois, mais doit être progressif. Là encore, comme durant la grossesse, bien que l’expansion cutanée dure environ 3 mois, et non 9 ! 

 

Les reconstructions complexes : l’exemple des grands brûlés

En cas de brûlure grave et profonde, la peau devient incapable de cicatriser spontanément. En fonction de la surface à reconstruire, différentes techniques doivent être envisagées et utilisées. Il s’agit de reconstructions complexes, d’autant plus que pour les grands brûlés, la réparation est tout simplement vitale.


A son arrivée à l’hôpital, le patient grand brûlé est d’abord lavé afin de pouvoir évaluer distinctement l’étendue des zones à réparer. Une greffe de peau est généralement indispensable. La technique varie ensuite en fonction de l’étendue et de la localisation de la brûlure. 
En cas de brûlures étendues, et si la peau saine du patient ne suffit pas, un échantillon de sa peau est mis en culture en laboratoire, afin d’obtenir suffisamment de cellules de peau saine pour pouvoir procéder à la greffe : cette technique s’appelle la greffe de culture. Un délai de 3 semaines en moyenne est généralement nécessaire pour obtenir suffisamment de cellules de peau.

 

Chirurgie réparatrice des séquelles d’accident : quels résultats ?

Qui dit « réparation », dit volonté d’améliorer le mieux possible une séquelle. Cela sous-entend qu’il est possible que le résultat ne soit pas forcément parfait. Nous l’avons évoqué plus haut : il se peut, par exemple, qu’il y ait une différence de couleur entre la zone de peau greffée et les zones environnantes. En outre, certaines cicatrices mettent plus de temps que d’autres à s’estomper, selon leur taille et, encore une fois, leur emplacement. Elles doivent d’ailleurs faire l’objet d’un suivi à part entière.