La ponction lombaire, à quoi ça sert et comment se déroule-t-elle ?

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ponction lombaire
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La ponction lombaire sert à la fois au diagnostic et aux soins. Elle est prescrite dans des cas divers et se déroule selon un protocole bien précis. Explications.

 

Ponction lombaire : qu’est-ce que c’est ?

La ponction lombaire consiste à introduire une aiguille très fine entre les 3ème et 4ème ou les 4ème et 5ème vertèbres lombaires (dans le bas du dos), afin de prélever du liquide céphalorachidien ou liquide cérébrospinal, tout en évitant la moelle épinière. C’est un acte médical prescrit pour diagnostiquer ou soigner certaines pathologies.

 

Le rôle du liquide céphalorachidien ou cérébrospinal

Ce liquide est stérile et translucide comme de l’eau. Stérile (et donc sans aucun microbe), il permet de transporter différents éléments comme le sodium, le potassium, les protéines, etc. Mais il sert aussi à amortir les chocs lors de mouvements ! Fabriqué au niveau du cerveau, le liquide céphalorachidien circule autour de ce dernier et de la moelle épinière, jusqu’en bas de la colonne vertébrale. Il se renouvelle 3 fois par jour.

 

Dans quels cas faut-il prescrire une ponction lombaire ?

Plusieurs situations peuvent justifier la prescription d’une ponction lombaire. Tout d’abord (et systématiquement), pour mesurer la pression du liquide céphalorachidien ou cérébrospinal, mais aussi pour analyser le liquide prélevé en cas de suspicion de certaines maladies : 

  • Une maladie infectieuse, comme une méningite ;

  • Une tumeur du cerveau ;

  • Une hémorragie au niveau des méninges ;

  • Une maladie neurologique comme la sclérose en plaques ;

  • Une maladie neurodégénérative comme la maladie d’Alzheimer ;

  • Une inflammation du système nerveux comme le syndrome de Guillain-Barré.

 

Une ponction lombaire peut également être réalisée en tant que traitement, par exemple pour traiter un excès de liquide céphalorachidien (hydrocéphalie), ou pour injecter un médicament (antibiotiques, médicament anticancéreux…).
Enfin, la ponction lombaire est parfois utilisée avant une radiographie ou une rachianesthésie (anesthésie de l’abdomen et des membres inférieurs) pour injecter un produit de contraste. 

 

Comment se déroule une ponction lombaire ?

Cette intervention est rapide mais nécessite de prendre certaines précautions :

 

Avant la ponction lombaire, bien se préparer

Le médecin qui vous prescrit la ponction lombaire s’assure avant tout que vous ne présentez aucune contre-indication : 

  • Infection dans le bas du dos.

  • Hypertension intracrânienne, qui signifie une pression trop élevée du liquide céphalorachidien.

  • Coagulation sanguine anormale, suite à la prise d’un traitement anticoagulant ou d’un manque de plaquettes.

 

Plus généralement, si vous souffrez d’une allergie ou si vous suivez un traitement, signalez-le à votre médecin. À part ces précautions, la ponction lombaire ne nécessite aucune préparation particulière. 

 

Pendant la ponction lombaire

Elle est réalisée en milieu hospitalier, en plusieurs étapes : 

  • Vous vous déshabillez et revêtez une blouse spécifique laissant votre dos découvert. Si le médecin vous a prescrit un patch anesthésiant, il est collé sur la zone concernée à ce moment-là et doit rester en place une heure.

  • Au moment de la ponction, l’aide-soignant(e) ou l’infirmier/ère vous aide à vous placer : en position assise avec le dos rond, penché(e) en avant et la tête posée sur un oreiller, lui-même posé sur une tablette installée exprès devant vous à proximité de vos genoux, les jambes pendantes par-dessus le lit. Ou bien, vous êtes en position allongée et couchée sur le côté en position fœtale (ou en chien de fusil, selon ce qui est le plus parlant pour vous).

  • Votre dos est ensuite désinfecté avec un antiseptique.

  • Un anesthésiant est injecté sous la peau, si vous n’aviez pas de patch collé en bas du dos au préalable.

  • Le médecin repère l’espace où il va réaliser la ponction avec ses doigts (il porte des gants) : vous devrez alors faire le dos rond autant que possible, pour l’aider à repérer plus facilement la bonne zone, tout en restant immobile et en respirant normalement.

  • Une fois la zone repérée, il introduit doucement une fine aiguille munie d’un mandrin (tige amovible qui referme le petit orifice situé sur l’aiguille). Elle traverse progressivement les tissus sous-cutanés, les ligaments… puis atteint la zone de ponction (appelée espace sous-arachnoïdien).

  • Le mandrin est alors retiré et le liquide céphalorachidien coule au goutte-à-goutte. Il est recueilli dans un tube stérile, placé sous l’aiguille.

  • Enfin, le mandrin est remis dans l’aiguille, afin de retirer cette dernière.

  • Le médecin exerce une pression en bas du dos et applique un pansement.

 

Ponction lombaire : et après ?

Le liquide céphalorachidien est envoyé en laboratoire pour analyse. Les médecins anatomopathologistes y recherchent : 

  • Des bactéries, des virus et des parasites (s’ils suspectent une méningite, par exemple) ;

  • Des cellules cancéreuses ;

  • Des indicateurs d’inflammation. 

 

Votre médecin vous informera des résultats dans les jours qui suivent, au plus tard (et dans les heures qui suivent s’il s’agissait de vérifier la présence d’une infection). Après la ponction lombaire, si vous pouvez rentrer chez vous, veillez à ce que quelqu’un vous accompagne.
Autres conseils : 

  • Evitez toute activité physique pendant les 48 à 72 heures qui suivent.

  • Allongez-vous en cas de maux de tête.

  • Buvez de l’eau régulièrement et en quantité normale dans les jours qui suivent.

  • Enlevez le pansement 24 heures après la ponction : demandez à quelqu’un de votre entourage de vérifier s’il n’y a pas d’écoulement par le point de ponction, et s’il n’est pas entouré d’une zone rouge, gonflée et douloureuse.

 

Q-R : Comment se passe une ponction lombaire ?

 

Une ponction lombaire est-elle douloureuse ?

Réalisée sous anesthésie locale, une ponction lombaire n’est normalement pas douloureuse. Il peut arriver toutefois que l’aiguille touche une racine nerveuse dans l’espace sous-arachnoïdien, provoquant une sorte de décharge électrique dans une jambe ou dans les deux. Rassurez-vous : cette sensation, bien que désagréable, est passagère et sans conséquences. Si cela vous arrivait, ne bougez pas et signalez-le à votre médecin qui pourra modifier l’orientation de l’aiguille si besoin.

 

Des effets secondaires sont-ils possibles après une ponction lombaire ?

Il est possible (dans un tiers des cas, rappelle l’Assurance maladie) de ressentir des douleurs lombaires après une ponction. Rassurez-vous : elles sont de courte durée. Autres effets secondaires possibles, bien que rares : un écoulement de liquide céphalorachidien par le point de ponction ou une inflammation au niveau de cette zone. En cas de symptôme qui vous semble anormal, contactez rapidement votre médecin.

 

Qu’est-ce que le syndrome post-ponction lombaire ?

Il s’agit de maux de tête (appelés céphalées post-ponction lombaire) pouvant apparaître 24 à 48 heures après la ponction. Les douleurs sont généralement situées des deux côtés de la tête, au niveau du front et à l’arrière. Elles augmentent en position debout et diminuent en position allongée : n’hésitez pas à vous allonger, si c’est le cas. Ces maux de tête s’accompagnent parfois d’autres symptômes (d’où l’appellation de syndrome) : nausées et/ou vomissements, vertiges, acouphènes, baisse de l’audition ou encore troubles visuels. Ces maux de tête disparaissent généralement en 2 à 4 jours et sont peu fréquents grâce à l’utilisation d’aiguilles spécifiques. Ils peuvent être soulagés par la prise d’antalgiques : demandez conseil à votre médecin.

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