
Près de 150 000 personnes sont victimes chaque année d'un traumatisme crânien en France. Un passage aux urgences est toujours nécessaire pour en évaluer la gravité. Dans certains cas, une intervention chirurgicale s’impose. Explications.
Traumatisme crânien : une nécessaire prise en charge médicale
Un traumatisme crânien correspond à un choc entre le cerveau et la boîte crânienne à la suite d’une chute, d’un accident de la route, d’une agression ou encore de la pratique d’un sport. Un tel choc peut provoquer une lésion du cerveau plus ou moins importante. En cas de traumatisme crânien, une portion de tissu cérébral ne fonctionne plus correctement, voire se détruit.
Ses effets peuvent être plus ou moins graves :
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Confusion ;
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Maux de tête ;
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Nausées et vomissements ;
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Perte de sensibilité ou de motricité ;
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Troubles visuels ;
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Somnolence ;
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Coma.
La prise en charge médicale dépendra de la sévérité du traumatisme crânien et va de la simple surveillance médicale à l’intervention chirurgicale. En cas de symptômes indiquant un trouble neurologique, une hospitalisation en neurochirurgie est nécessaire.
Quelles complications possibles après un traumatisme crânien ?
En cas de traumatisme crânien modéré à sévère, en fonction de sa localisation et de la situation des patients (âge, état de santé général), des séquelles diverses sont possibles :
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Motricité : troubles de l’équilibre, de la parole, des mouvements et des 5 sens.
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Cognition : troubles de l’attention, de la mémoire, de la compréhension…
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Comportement : changement de caractère, variations de l’humeur, dépression.
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Dans les cas les plus graves, les traumatismes crâniens peuvent entraîner un coma profond voire le décès.
Traumatisme crânien : quelle prise en charge médicale ?
Le traitement dépend de la sévérité du traumatisme crânien, déterminée en fonction des circonstances du choc et des symptômes des patients, dans un premier temps. Ces symptômes peuvent apparaître plusieurs heures voire semaines après la survenue du traumatisme. C’est pourquoi après un choc à la tête, consulter un médecin est recommandé.
Des examens neurologiques
Ces examens permettent de poser le diagnostic de traumatisme crânien :
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L’examen clinique permet d’évaluer l’état de conscience et les réflexes (score de Glasgow qui aide le médecin à déterminer le degré de confusion de leurs patients, avec un score allant de 3 à 15 : plus le score est bas, plus l’état de confusion est grave).
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Des examens d’imagerie : radiographie cérébrale standard, scanner ou IRM cérébrale (imagerie par résonance magnétique). Ils sont pratiqués d’emblée lorsque le patient présente des troubles neurologiques.
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Un électroencéphalogramme peut être réalisé en complément pour évaluer la gravité du traumatisme crânien.
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Si le patient est inconscient ou dans le coma, il doit subir une opération neurochirurgicale en urgence.
Surveillance médicale en cas de traumatisme crânien léger
Dans ce cas, le traumatisme crânien se résorbe généralement sans aucune séquelle. La surveillance médicale doit néanmoins avoir lieu toutes les heures (examen clinique) pendant 24 heures en milieu hospitalier, afin de vérifier l’état de conscience du patient et s’assurer qu’il n’y a pas de complications.
Par ailleurs, les symptômes qu’il peut ressentir (maux de tête et nausées, notamment) sont soulagés grâce à l’administration de médicaments adaptés.
La chirurgie en cas de traumatisme crânien modéré à sévère
L’hospitalisation est plus longue et une intervention chirurgicale doit être programmée pour résorber une éventuelle hémorragie cérébrale ou un hématome. Ce dernier peut être de différents types :
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Hématome extra-dural : le sang s’accumule entre la dure-mère (méninge externe) et l’os du crâne. Le plus souvent, ce type d’hématome est petit et ne nécessite pas d’opération. Mais dans le cas contraire, il faut agir vite pour mettre fin à la compression latérale du cerveau exercée par cet hématome : une fois le patient sous anesthésie générale, une partie de l’os de son crâne est coupée (volet osseux) afin d’enlever l’hématome. On parle de chirurgie décompressive. En fin d’intervention, l’os est remis en place.
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Hématome sous-dural : le sang s’accumule entre la dure-mère et le cerveau lui-même. Une lésion cérébrale peut y être associée. Ce type d’hématome peut se développer pendant plusieurs semaines, à la suite d’un choc passé inaperçu. Pour le retirer, l’intervention, réalisée sous anesthésie générale, consiste à pratiquer un petit trou dans le crâne, afin de vider le liquide qui constitue l’hématome. L’opération n’est pas toujours nécessaire s’il s’agit d’un hématome sous-dural aigu de petite taille, qui se développe rapidement après le traumatisme crânien. Si l’hématome devient vite volumineux, entraînant le coma du patient, l’opération consiste à nouveau à réaliser un volet osseux pour le vider.
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Plusieurs hématomes : les contusions cérébrales. Dans ce cas, l’intervention a lieu si ces hématomes sont volumineux et que le patient présente des symptômes de traumatisme crânien sévère. Le volet osseux, réalisé sous anesthésie générale pour vider l’hématome, est là encore privilégié.
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Gonflement cérébral aigu : cette situation peut survenir après un traumatisme crânien d’apparence bénin. Dans ce cas, le volume du cerveau peut augmenter en quelques minutes, entraînant l’aggravation progressive de l’état du patient. Il s’agit d’une situation grave et urgente car le cerveau gonfle. Sauf que la boîte crânienne n’est pas extensible : le cerveau risque alors de s’abîmer et la tension intracrânienne d’augmenter… La solution consiste à pratiquer une craniectomie décompressive. Un morceau de l’os du crâne est retiré, afin que le cerveau qui gonfle ne s’abîme pas. Ce morceau est conservé précieusement, en attendant de pouvoir être remis en place, une fois l’œdème disparu.
Dans tous les cas et en parallèle de ces interventions, l’équipe chirurgicale fait en sorte de protéger le cerveau du patient ainsi que ses fonctions vitales.
À noter que dans certains cas, un traumatisme crânien peut être associé à une lésion plus ou moins grave de la colonne vertébrale. Plus précisément au niveau du rachis cervical. En complément des traitements du traumatisme crânien, cette lésion doit également être soignée : selon la gravité, une traction doit être pratiquée ou une autre opération, afin de stabiliser la lésion. En cas de fracture, la nuque doit être immobilisée.
Après un traumatisme crânien
Dans les mois qui suivent un traumatisme crânien, même léger, une grande fatigue, parfois accompagnée de maux de tête, est souvent présente. Elle est normale et fait partie intégrante du rétablissement : le repos est de rigueur ! En revanche, si les maux de tête sont intenses ou persistent, il faut consulter un médecin rapidement.
En cas de traumatisme crânien modéré à sévère, les suites sont généralement plus longues. La phase de récupération qui suit les différentes interventions (et le réveil, si le patient a été dans le coma) peut durer de quelques semaines à quelques mois, toujours en milieu hospitalier. L’occasion de retrouver peu à peu son état de conscience et ses activités quotidiennes (se lever, manger en autonomie, soutenir une conversation…).
Puis, des séances de rééducation voire un séjour en centre de rééducation sont prescrites : des soins médicaux, de kinésithérapie, d’ergonomie ou encore d’orthophonie sont pratiqués, en fonction de l’état du patient et de ses séquelles potentielles.